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Auteur/autrice : Jean Dupont
African Currency Marketplace : la fintech continentale bouscule enfin les devises chères
Un pari continental sur la souveraineté monétaire La scène était solennelle à Abuja, le 25 juin 2025, lorsque le président d’Afreximbank, Benedict Oramah, a dévoilé l’African Currency Marketplace, dernier-né d’un écosystème de paiements piloté par le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS). « Nous voulons que le commerce africain parle d’abord en monnaie africaine », a-t-il affirmé, sous le regard de représentants de vingt-cinq banques centrales. Le geste, apparemment technique, est éminemment politique : il s’agit de rapatrier sur le continent la création de valeur captée jusque-là par les chambres de compensation de Londres ou de New York.…
Kénitra, nouveau maillon de la chaîne de valeur automobile paneuropéenne À première vue, l’annonce pourrait paraître comme une simple extension de capacité. Elle témoigne en réalité d’un repositionnement stratégique de l’industrie automobile européenne face aux crises logistiques successives. En décidant d’ériger une unité de 50 000 m² au cœur de la zone franche Atlantic Free Zone, Benteler déplace une part critique de sa production aux portes du marché européen, à moins de trois jours routiers de ses clients d’Allemagne, de France ou d’Espagne. Située à proximité immédiate de l’autoroute Rabat-Tanger et à 200 kilomètres du port en eaux profondes de…
Sous le soleil de Marrakech, les devises pleuvent-elles : le boom du tourisme marocain
Des recettes en forte hausse malgré un contexte mondial incertain Le ministère marocain du Tourisme fait état de 3,7 milliards de dollars de recettes entre janvier et mai 2025, soit une progression de 8 % par rapport à la même période de 2024 (ministère du Tourisme marocain, 2025). Au-delà de la simple embellie conjoncturelle, cette performance s’inscrit dans une trajectoire ascendante amorcée dès la réouverture post-pandémie : 17,4 millions de visiteurs en 2024, contre 14,5 millions l’année précédente, ont permis au royaume de doubler presque la contribution touristique au PIB – passée de 3,7 % en 2020 à 7,3 % en…
Pointe-Noire prétend déjà détrôner Durban : 300 décideurs testent le rêve congolais
Une grand-messe panafricaine à Pointe-Noire La moiteur de la côte atlantique n’a pas découragé les deux cent cinquante chefs d’entreprise, une poignée de ministres et les représentants de cinq institutions financières internationales qui, fin juin, ont pris place dans le modeste centre de conférences de Pointe-Noire. Brandi depuis quinze ans par le groupe Attijariwafa Bank comme vitrine de la « diplomatie des affaires », le Club Afrique Développement signe sa quarante-deuxième édition, attirant pour la première fois un tel aréopage dans la principale ville portuaire congolaise. Dans les couloirs, les discours sur la résilience africaine ont cédé le pas aux…
Un retour sur les marchés sous contrainte budgétaire Annoncée le 25 juin par le ministère égyptien des Finances, l’émission de sukuk d’un milliard de dollars marque la deuxième incursion du Caire sur le segment obligataire islamique international en moins de dix-huit mois (ministère égyptien des Finances). Après avoir mobilisé 1,5 milliard de dollars en février 2023, l’exécutif mise sur un instrument conforme à la charia pour contourner la frilosité des prêteurs traditionnels et diversifier un profil d’endettement devenu lourd : la dette publique avoisine 95 % du PIB, dont près d’un tiers libellé en devises fortes (Banque mondiale, données 2023).…
Un financement concessionnel pour arrimer la réforme fiscale Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a validé, le 24 juin, un crédit de 115 millions de dollars en faveur du Sénégal. L’instrument mobilisé relève de l’Association internationale de développement, garantissant des conditions particulièrement douces – un taux d’intérêt quasi nul et un étalement sur quarante ans. Dans son communiqué, l’institution de Bretton Woods salue « l’engagement de Dakar à consolider ses finances publiques et à renforcer la mobilisation de ses ressources internes ». L’opération s’inscrit dans la série dite Development Policy Financing, laquelle lie déboursements et jalons de réforme. Les…
Une artère invisible de l’économie mondiale Dans la rhétorique onusienne, les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) sont dépeintes comme « la clef de voûte » du système productif contemporain. L’image n’a rien d’exagéré : plus de 90 % des entités commerciales enregistrées appartiennent à cette catégorie, générant, selon la Banque mondiale, plus de la moitié du PIB global et sept emplois sur dix. Leur densité est particulièrement marquée dans les économies émergentes, où elles structurent les marchés domestiques, irriguent les chaînes de valeur régionales et soutiennent l’insertion professionnelle des jeunes. « Leur ingéniosité produit des solutions révolutionnaires qui profitent…
Un marché naissant sous haute tension Quand il évoque l’ouverture de Stanbic Bank à Juba, Joshua Oigara ne dissimule pas la complexité de l’opération : « le Soudan du Sud est sans doute notre marché le plus ardu, mais aussi le plus riche en potentiel latent » (déclaration à Nairobi, mai 2024). Depuis l’indépendance de 2011, la jeune nation oscille entre flambées de violence, pénuries de devises et inflation galopante. Pourtant, ses maigres infrastructures financières, dominées par quelques établissements locaux, offrent à tout nouvel entrant un quasi-oligopole. L’attrait se double d’un risque aigu : la monnaie sud-soudanaise a perdu plus…
Séismes, sécheresse et turbulences : Rabat boucle 2023 avec un budget vertueux
Un contexte international sous haute tension énergétique À écouter Fouzi Lekjaa devant la commission du contrôle des finances publiques, l’année 2023 ressemble à un exercice d’équilibriste. L’économie mondiale n’a progressé que de 3,3 %, lestée par une inflation encore inconfortable et par la persistance de foyers géopolitiques – de la mer Noire au golfe Persique – qui ont alimenté la volatilité des prix énergétiques et alimentaires. Dans cet horizon brouillé, Rabat devait composer avec la remontée des taux d’intérêt, le durcissement des conditions de liquidité et la fragmentation des chaînes de valeur. La chute de l’inflation globale de 8,6 %…
Abuja, miroir des ambitions continentales L’esplanade du tout nouveau Centre international de conférences d’Abuja bruisse d’accents swahili, yoruba, lingala et wolof : plus de 6 000 délégués s’y pressent pour les trente-deuxièmes Assemblées annuelles d’Afreximbank (AAM2025). Jamais, souligne une source au ministère nigérian des Finances, l’institution n’avait rassemblé un tel aréopage de chefs d’État, de ministres du commerce, de banquiers centraux et d’industriels. La mise en scène est à la mesure d’une Afrique qui revendique haut son droit à redessiner les flux mondiaux. « Notre continent ne saurait être condamné au rôle d’appendice des chaînes de valeur occidentales », martèle le président…