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Auteur/autrice : Jean Dupont
Séismes, sécheresse et turbulences : Rabat boucle 2023 avec un budget vertueux
Un contexte international sous haute tension énergétique À écouter Fouzi Lekjaa devant la commission du contrôle des finances publiques, l’année 2023 ressemble à un exercice d’équilibriste. L’économie mondiale n’a progressé que de 3,3 %, lestée par une inflation encore inconfortable et par la persistance de foyers géopolitiques – de la mer Noire au golfe Persique – qui ont alimenté la volatilité des prix énergétiques et alimentaires. Dans cet horizon brouillé, Rabat devait composer avec la remontée des taux d’intérêt, le durcissement des conditions de liquidité et la fragmentation des chaînes de valeur. La chute de l’inflation globale de 8,6 %…
Abuja, miroir des ambitions continentales L’esplanade du tout nouveau Centre international de conférences d’Abuja bruisse d’accents swahili, yoruba, lingala et wolof : plus de 6 000 délégués s’y pressent pour les trente-deuxièmes Assemblées annuelles d’Afreximbank (AAM2025). Jamais, souligne une source au ministère nigérian des Finances, l’institution n’avait rassemblé un tel aréopage de chefs d’État, de ministres du commerce, de banquiers centraux et d’industriels. La mise en scène est à la mesure d’une Afrique qui revendique haut son droit à redessiner les flux mondiaux. « Notre continent ne saurait être condamné au rôle d’appendice des chaînes de valeur occidentales », martèle le président…
TIB et l’EADB : un chèque de 11 millions USD qui parle plus fort que les discours
Le retour discret de la finance de développement en Afrique de l’Est Alors que les banques multilatérales rivalisent d’annonces spectaculaires, la Banque de développement de l’Afrique de l’Est (EADB) a choisi la sobriété : un prêt concessionnel de 30 milliards de shillings tanzaniens, soit près de 11 millions USD, accordé à TIB Development Bank. L’enveloppe paraît modeste, mais elle illustre un mouvement plus vaste. Sous l’effet cumulé du ralentissement post-pandémique et de la remontée des coûts d’emprunt sur les marchés internationaux, les institutions régionales reprennent la main afin de sécuriser des financements de proximité, moins exposés aux aléas géopolitiques globaux.…
Une mise en conformité repoussée jusqu’à la dernière minute La circulaire signée le 23 juin 2025 par le ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, n’est pas qu’une formalité administrative : elle met un terme à près de deux décennies de tolérance fiscale implicite sur les titres d’emprunt émis dans la zone UEMOA. L’article 9 de la directive communautaire de 2004, pourtant contraignant, n’avait jamais été transposé dans l’ordonnancement national. À force de dérogations tacites, la place financière de Ouagadougou s’était accommodée d’une exonération de facto, devenue un argument de vente pour les souscriptions domestiques aux obligations régionales.…
Contexte macro-budgétaire : un début d’exercice sous surveillance internationale À Dakar, le premier trimestre 2025 a livré un tableau budgétaire contrasté. Les recettes et dons du budget général atteignent 1 027,82 milliards de FCFA, soit 21,44 % des prévisions de la loi de finances initiale. Vue de Bruxelles ou de Washington, la performance intrigue : la trajectoire sénégalaise reste jugée exemplaire dans une région secouée par des chocs politiques récurrents, mais la mécanique interne semble de plus en plus tendue. La dynamique des recettes internes : moteur fiscal sous haute pression Les services de la Direction générale des impôts et…
Dette souveraine : la Côte d’Ivoire rafle 71,5 milliards FCFA, taux sous contrôle
Une opération sursouscrite qui confirme l’attrait du risque ivoirien L’annonce, par la Direction générale du Trésor ivoirien, d’une levée effective de 71,499 milliards de francs CFA le 24 juin 2025 a eu le mérite de rappeler que la dette souveraine d’Abidjan bénéficie encore d’un solide capital de confiance. Alors que l’objectif officiel était fixé à 65 milliards, les carnets d’ordres ont atteint 99,407 milliards, soit un taux de couverture de 152,93 %. En retenant un peu plus de 71 % des offres, les autorités ont choisi de préserver le niveau de taux plutôt que de maximiser le volume, enregistrant un…
Maroc : quand le cobalt devient diplomatie, la gigafactory change d’échelle mondiale
Jorf Lasfar, nouvelle plaque tournante des matériaux cathodiques En érigeant sur 238 hectares une usine capable de livrer annuellement 120 000 tonnes de précursseurs NMC et 60 000 tonnes de cathodes LFP, Rabat franchit un seuil stratégique longtemps réservé à l’Asie. La présence conjointe du fonds marocain Al Mada et du groupe chinois CNGR atteste d’une ambition dépassant le simple assemblage : il s’agit de maîtriser un segment amont représentant près d’un tiers de la valeur d’une batterie lithium-ion. Situé à quelques encablures du port en eau profonde de Jorf Lasfar, le site tire parti d’une logistique maritime déjà éprouvée…
Le pari de la stabilité monétaire face aux remous géopolitiques Dans un paysage international brouillé par les chocs d’offre successifs et les rivalités stratégiques, le Conseil de la politique monétaire de Bank Al-Maghrib a reconduit, le 24 juin, un taux directeur de 2,25 %. Cette décision, annoncée à l’issue de la deuxième réunion trimestrielle de l’année, s’inscrit dans une stratégie de « stabilité vigilante », selon l’expression d’un haut responsable de la banque centrale rencontré à Rabat. L’institution marocaine estime que le différentiel de taux réel demeure suffisant pour ancrer les anticipations d’inflation tout en préservant la dynamique du crédit,…
Abuja consacre une décennie de montée en puissance financière Sous la canicule de fin juin, le centre de conférences d’Abuja vibre au rythme des apartés feutrés et des salutations protocolaires. Plus de six mille délégués — chefs d’État, ministres des Finances, banquiers centraux et capitaines d’industrie — participent à la 32ᵉ Assemblée annuelle d’Afreximbank. Le thème, « Bâtir l’avenir sur des décennies de résilience », sonne à la fois comme un hommage et comme une feuille de route. En dix ans, le bilan consolidé de la banque panafricaine est passé de 4 milliards d’euros d’actifs à un peu plus de…
De l’ingénierie pétrolière à l’artisanat gourmand Lorsque Jessica Medza Allogo renonce en 2016 à une carrière de dix années dans l’industrie pétrolière, sa décision s’inscrit d’abord dans un questionnement identitaire. Ingénieure formée à Polytechnique Montréal, elle confie avoir voulu « contribuer à transformer son pays plutôt que d’accumuler des décennies d’expatriation lucrative ». L’étincelle naît d’un panier de mangues trop mûres auquel elle préfère la confiture au gaspillage. Six mois plus tard, son laboratoire culinaire installé à Port-Gentil devient l’embryon des « Petits Pots de l’Ogooué ». L’ancienne spécialiste de corrosion offshore transpose sa rigueur scientifique au contrôle microbiologique, à…