Départ de Brazzaville pour une formation numérique au Cameroun
Au total 141 étudiants congolais vont poursuivre une formation à l’Université inter-État Congo-Cameroun (UIECC), située à Sangmélima, dans le sud du Cameroun. Le cursus annoncé est orienté vers la création et le design numériques, ainsi que l’ingénierie des systèmes sociotechniques.
La cérémonie de départ s’est tenue à Brazzaville le 26 janvier. Les autorités éducatives ont présenté cette mobilité académique comme une étape structurante pour les bénéficiaires, appelés à se familiariser avec un nouvel environnement universitaire et culturel, tout en restant connectés à leurs objectifs professionnels.
Delphine Édith Emmanuel souligne une formation “de qualité”
S’adressant aux étudiants, la ministre de l’Enseignement supérieur, Delphine Édith Emmanuel, a insisté sur la vocation binationale de l’établissement. « Vous allez intégrer une université à vocation congolaise et camerounaise, offrant une formation de qualité. Je vous souhaite plein succès », a-t-elle déclaré.
La ministre a réaffirmé, dans le même temps, l’engagement de l’État à accompagner les apprenants sur la durée, jusqu’à leur retour au pays. Le message, formulé devant les étudiants et leurs familles, a mis l’accent sur la réussite académique et l’utilité future des compétences acquises.
Le numérique, pilier du PND 2022-2026, mis en avant
Lors de cette cérémonie, Delphine Édith Emmanuel a rappelé que le numérique figure parmi les piliers du Plan national de développement (PND) 2022-2026. Pour le ministère, l’enjeu dépasse la seule formation individuelle et s’inscrit dans une trajectoire de modernisation des compétences.
Selon la ministre, ces 141 étudiants représentent un capital humain stratégique. À terme, ils sont appelés à jouer un rôle important dans les métiers du numérique et de l’innovation, un segment qui mobilise de plus en plus d’attentes, aussi bien dans l’administration que dans le secteur privé.
Parents et étudiants : l’encadrement moral au cœur de la réussite
La ministre a également adressé un message aux parents, en soulignant l’importance d’un encadrement moral constant. Elle les a invités à maintenir un contact régulier avec leurs enfants, notamment durant la phase d’adaptation, souvent délicate au début d’un parcours d’études à l’étranger.
Devant les inquiétudes jugées légitimes des familles, Delphine Édith Emmanuel a reconnu que la mobilité académique implique des ajustements. Elle a toutefois présenté ce déplacement comme un passage utile pour construire l’avenir des jeunes, en leur donnant accès à une expérience exigeante et formatrice.
Allocations annoncées et continuité avec la promotion précédente
Sur l’aspect social, la ministre a fait savoir que les nouveaux admis bénéficieront du paiement régulier des allocations accordées aux étudiants congolais en formation à Sangmélima. Elle a précisé que cette disposition s’inscrit dans la continuité de la promotion précédente, déjà passée par ce dispositif.
Cette annonce a été reçue comme un repère important par les familles, pour mieux planifier les dépenses liées au séjour et aux études. Dans l’ensemble, l’encadrement institutionnel présenté vise à sécuriser le parcours et à limiter les ruptures susceptibles de perturber la scolarité.
Concours d’admission 2025 : 141 admis, après 58 étudiants
Les 141 étudiants ont été admis à l’issue d’un concours organisé le 15 novembre 2025 par le ministère de l’Enseignement supérieur. L’opération s’inscrit dans une logique de sélection et d’orientation vers des filières ciblées, liées aux besoins de compétences annoncés.
À titre de comparaison, la précédente promotion comptait 58 étudiants congolais. Pour les observateurs du secteur, l’augmentation des effectifs traduit une montée en puissance du programme et une volonté d’élargir le vivier de profils formés aux outils et méthodes du numérique.
Voix d’étudiant : “une opportunité de construire son avenir”
Parmi les bénéficiaires, Béni Samba a exprimé un sentiment de chance et de responsabilité. « Quand Dieu vous donne la grâce de faire des études pendant cinq ans, c’est une opportunité de construire son avenir », a-t-il confié, évoquant l’importance de se projeter au-delà du départ.
Ces témoignages, souvent sobres mais parlants, reflètent l’état d’esprit d’une partie des admis : partir pour apprendre, s’adapter rapidement, et revenir avec des compétences valorisables. Pour plusieurs familles, la réussite du séjour se mesurera autant aux résultats qu’au comportement.
UIECC : un pôle d’excellence technologique et scientifique
Créée le 21 décembre 2012 à la suite d’une convention entre la République du Congo et la République du Cameroun, l’Université inter-État Congo-Cameroun est présentée comme un pôle d’excellence technologique et scientifique à vocation sous-régionale, selon le rappel fait lors de la cérémonie.
Pour les autorités, la présence d’étudiants congolais à Sangmélima illustre la coopération éducative entre les deux pays. À Brazzaville, le départ de cette nouvelle cohorte est perçu comme un investissement de long terme, orienté vers des compétences jugées stratégiques.
