Partenariat Congo-OMS 2025-2028 officialisé
Le 5 décembre 2025, au Centre international de conférence de Kintélé, autorités congolaises et hauts responsables de l’Organisation mondiale de la santé ont dévoilé la nouvelle stratégie de coopération couvrant la période 2025-2028, destinée à accélérer l’accès équitable aux soins pour toutes les populations.
La cérémonie a été présidée par le ministre de la Santé et de la Population, Pr Jean-Rosaire Ibara, entouré de son collègue de la Défense nationale Charles Richard Mondjo, du représentant résident de l’OMS, Dr Vincent Dossou Sodjinou, et du directeur régional par intérim pour l’Afrique, Dr Chikwé Ihekweazu.
Étaient également présents la représentante de l’UNESCO, la députée-maire de Kintélé Stella Mensah Sassou Nguesso, l’inspecteur général de la Santé ainsi que des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Ce large aréopage souligne l’importance accordée à ce cadre de collaboration pour la santé publique congolaise.
Quatre priorités stratégiques alignées sur le PND
La stratégie, arrimée au Plan national de développement 2018-2030 et au plan sanitaire 2023-2026, s’articule autour de quatre piliers : infrastructures renforcées, qualité des soins améliorée, prévention accrue et consolidation des ressources humaines, financières et matérielles, aussi bien publiques que privées.
Selon le Dr Sodjinou, ce schéma contribuera aux objectifs du 14ᵉ programme général de travail de l’OMS et aux objectifs de développement durable à l’horizon 2030, tout en tenant compte des spécificités sociales et épidémiologiques du Congo.
Processus participatif et approche axée impact
L’élaboration du document a mobilisé ministères, société civile, partenaires techniques et experts locaux dans une démarche inclusive visant à prioriser les actions à fort impact. L’accent est mis sur la planification fondée sur des résultats mesurables et l’évaluation continue des progrès.
« Cette coopération n’est pas qu’un outil technique, c’est un engagement partagé pour transformer durablement notre système de santé », a rappelé le ministre Ibara, saluant la qualité du dialogue instauré avec l’OMS tout au long du processus.
Renforcement de l’équité et résilience du système
L’OMS réaffirme sa détermination à promouvoir l’équité, la résilience et la santé dans toutes les politiques, surtout face aux effets combinés du changement climatique, des crises humanitaires et des leçons tirées de la pandémie de COVID-19.
La coopération prévoit un appui technique accru aux districts sanitaires pour réduire les inégalités géographiques, améliorer la surveillance épidémiologique et soutenir la disponibilité permanente de médicaments essentiels, éléments jugés essentiels pour « ne laisser personne de côté ».
Engagement politique fort des autorités congolaises
Sous l’impulsion du président Denis Sassou Nguesso et la coordination du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, le gouvernement promet de mobiliser les financements nécessaires et de veiller à la bonne exécution des priorités retenues dans le cadre stratégique.
Pr Ibara insiste sur la nécessaire synergie entre secteurs public et privé, rappelant que la santé reste un moteur de développement économique. « Un système performant attire l’investissement, garantit la productivité et renforce la cohésion sociale », a-t-il souligné.
Enjeux sanitaires face aux défis démographiques
Les autorités reconnaissent qu’en dépit des progrès, la situation sanitaire demeure préoccupante : urbanisation rapide, double charge de maladies transmissibles et non transmissibles, pression sur les ressources humaines qualifiées et besoins croissants d’infrastructures modernes.
Le ministre relève que le paysage démographique a changé et que le pays doit adapter ses réponses : offrir davantage de services de première ligne, moderniser les hôpitaux de référence et mettre l’accent sur la santé communautaire pour désengorger les centres urbains.
Prochaines étapes et suivi de la mise en œuvre
Dans les mois à venir, un plan opérationnel détaillera les budgets, indicateurs et responsabilités de chaque acteur. Un comité mixte Congo-OMS suivra trimestriellement l’avancement, avec des revues annuelles destinées à ajuster les interventions si nécessaire.
Les partenaires financiers internationaux ont salué cette démarche structurée, y voyant une garantie de transparence et d’efficacité. La représentante de l’UNESCO a évoqué l’opportunité de renforcer les programmes d’éducation à la santé et de recherche appliquée.
Au niveau local, les directeurs des hôpitaux et des centres de santé de base se préparent déjà à intégrer les nouveaux standards de qualité. Des sessions de formation seront organisées pour le personnel soignant, notamment en télémédecine et gestion des situations d’urgence.
En officialisant cette feuille de route, le Congo confirme sa volonté de bâtir un système sanitaire inclusif et résilient. Les prochains trois ans seront déterminants pour traduire cet engagement politique en résultats visibles pour chaque famille congolaise.
