Présidentielle mars 2026: le CSLC multiplie les échanges
Dans la perspective de l’élection présidentielle de mars 2026, le Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC) renforce ses rencontres avec les acteurs politiques. L’objectif affiché est de promouvoir une communication responsable, afin de préserver la cohésion nationale et de limiter les dérapages verbaux.
Vendredi 30 janvier 2026, une délégation conduite par le président du CSLC, Médard Milandou Nsonga, s’est rendue à Brazzaville. La visite s’est tenue au siège de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD), situé à Ouenzé, dans le 5e arrondissement.
À Ouenzé, échange direct avec Mathias Dzon et l’ARD
Sur place, la délégation a échangé avec l’ancien ministre des Finances Mathias Dzon, présenté comme opposant, entouré des responsables de sa plateforme. Selon les éléments communiqués, la rencontre s’inscrit dans une série de consultations visant à installer un climat de campagne maîtrisé.
Les discussions ont porté sur la nécessité d’une parole politique apaisée, respectueuse et recentrée sur les enjeux démocratiques. Les échanges ont aussi évoqué le pluralisme dans les médias publics, sujet régulièrement cité dans les débats sur la communication en période électorale.
Communication électorale apaisée: rappel du rôle du régulateur
Médard Milandou Nsonga a rappelé que l’institution a pour mission d’accompagner l’ensemble des formations politiques dans l’application des règles encadrant la communication électorale. Il a insisté sur la prévention des excès de langage et des discours pouvant contribuer à polariser l’opinion.
Pour le président du CSLC, l’élection présidentielle est un moment structurant de la vie démocratique, mais elle peut aussi être un facteur de tensions si les propos manquent de retenue. « Des messages imprudents ou manipulés peuvent fragiliser des équilibres déjà précaires », a-t-il averti.
Pluralisme et médias publics: une préoccupation exprimée par l’ARD
Mathias Dzon a indiqué que son parti a fait le choix de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle. Il a néanmoins salué la démarche de dialogue du CSLC, tout en exprimant, au cours de son intervention, une critique sur la perception de la liberté d’expression dans le pays.
« Je suis Télé-Congo tous les soirs. Il n’y a qu’une seule voix qui passe, c’est celle du Parti congolais du travail. Les autres formations politiques, on ne les entend pas… », a-t-il déclaré. Dans le même esprit, il a estimé que l’opposition n’accède pas suffisamment aux médias publics.
Couverture médiatique équitable: le CSLC annonce des mécanismes
En réponse, le secrétaire comptable du CSLC, Jérôme Patrick Mavoungou, a assuré que des dispositions sont prévues pour garantir une couverture médiatique équitable de toutes les sensibilités politiques. Il a aussi invité l’ARD à signaler tout déséquilibre ou manquement constaté.
Selon Jérôme Patrick Mavoungou, des mesures correctives pourraient être engagées en cas d’irrégularités avérées. Pour les participants, cette séquence illustre l’intérêt d’un dialogue régulier entre institutions et partis, afin de prévenir les tensions pendant la période électorale.
Vers une campagne apaisée: le pari du dialogue institutionnel
Au-delà des points de vue exprimés, la rencontre met en avant une méthode: installer des canaux de discussion avant l’intensification de la campagne. Pour le CSLC, l’enjeu est d’anticiper les sources de crispation et de rappeler les règles de communication à tous les acteurs.
Du côté de l’ARD, les échanges ont permis de formaliser des attentes sur la visibilité médiatique. À l’approche de mars 2026, ces consultations pourraient contribuer à baliser une campagne plus lisible, où la parole politique s’exerce avec responsabilité et dans le respect du pluralisme.
