Le football congolais retrouve une vieille connaissance. Le gouvernement a confirmé le retour de Claude Le Roy à la barre des Diables Rouges, douze ans après une première aventure restée dans les mémoires. À 78 ans, le technicien français rempile pour un défi de taille.
Une signature très attendue à Brazzaville
L’annonce émane directement du gouvernement, qui présente ce retour comme un signal fort adressé au public. La cérémonie officielle de signature du contrat est programmée le 22 juin 2026, sous la présidence du ministre des Sports, Hugues Ngoulelondele.
Au-delà du symbole, le choix traduit une volonté affichée des autorités : remettre la sélection nationale au centre de l’attention et tourner la page des dernières désillusions sportives. Le communiqué officiel évoque ainsi « une nouvelle dynamique pour le football national ».
Omar Daf, l’adjoint qui complète le duo
Claude Le Roy ne travaillera pas seul. Il sera secondé par Omar Daf, désigné entraîneur adjoint des Diables Rouges. Cet attelage technique doit incarner l’équilibre recherché par les responsables congolais entre expérience reconnue et énergie nouvelle.
Le même communiqué insiste sur la mission confiée au tandem : la reconstruction patiente d’une équipe compétitive et le rétablissement de la confiance d’un public parfois échaudé. Une feuille de route claire, qui place les résultats au cœur du projet.
La CAN 2027 comme boussole
L’objectif assigné au duo ne souffre aucune ambiguïté. Il s’agit d’obtenir la qualification du Congo pour la Coupe d’Afrique des nations 2027, rendez-vous continental devenu une obsession légitime pour les supporters locaux.
La route s’annonce exigeante. Lors des éliminatoires, les Diables Rouges affronteront la Namibie, le Cameroun et les Comores. Un groupe relevé, où chaque point comptera pour espérer décrocher le précieux billet et renouer avec les grandes compétitions africaines.
Un palmarès qui plaide pour lui
Si son nom rassure une partie des observateurs, c’est aussi en raison de son premier passage. Entre décembre 2013 et novembre 2015, Claude Le Roy avait conduit le Congo jusqu’en quarts de finale de la CAN 2015, organisée en Guinée équatoriale.
Cette campagne, bouclée en tête du groupe, reste une référence. Elle fut même décrite comme « l’une des plus belles épopées modernes » du football congolais. C’est cette expérience-là que les autorités espèrent voir se rejouer sur la pelouse.
La Fecofoot prête à accompagner
Du côté de la Fédération congolaise de football, le message est à l’unité. Réuni le 10 juin, le Comité exécutif a pris acte de la nomination et s’est dit « disposé à l’accompagner dans sa mission », posant les bases d’une collaboration apaisée.
L’instance entend par ailleurs profiter de l’élan pour relancer rapidement les compétitions nationales. La Coupe du Congo figure parmi ses priorités, alors que l’autorisation ministérielle de réouverture des stades ouvre de nouvelles perspectives au championnat.
L’âge, sujet qui divise les supporters
Le retour de Claude Le Roy ne fait pourtant pas l’unanimité. Une partie des Congolais affiche un réel optimisme, voyant dans ce vétéran des bancs africains l’homme de la situation pour relancer une sélection en quête de repères et de victoires.
D’autres voix se montrent plus prudentes. Elles s’interrogent ouvertement sur les « capacités physiques et cognitives » d’un sélectionneur de 78 ans, confronté aux exigences d’un football moderne toujours plus rapide, plus dense et plus intense.
Ce débat, somme toute compréhensible, dit beaucoup de l’attente suscitée. Entre confiance dans l’expérience et doutes liés à l’âge, le technicien devra rapidement convaincre par les résultats, seul argument capable de faire taire les sceptiques.
Reste désormais à transformer l’annonce en projet concret. La signature du 22 juin marquera le véritable point de départ. Pour Claude Le Roy, Omar Daf et toute la Fecofoot, le compte à rebours vers la CAN 2027 est déjà lancé (Adiac Congo).
