À Pointe-Noire, la qualité des chantiers publics n’est plus négociable. Un tronçon de caniveau jugé non conforme est en cours de démolition. Le message du Bureau de contrôle du bâtiment et des travaux publics (BCBTP) se veut sans détour.
Une mission d’inspection dans le Kouilou et à Pointe-Noire
Le directeur général du BCBTP, Marius Boris Miéré-Onka, a conduit une mission d’inspection dans le Kouilou et à Pointe-Noire. À son terme, le 28 mai, il a réaffirmé l’engagement de son institution en faveur de la qualité des ouvrages publics.
Cette visite a d’abord servi à vérifier le fonctionnement des structures locales du BCBTP, implantées à Pointe-Noire et à Dolisie. L’occasion, aussi, de mesurer la présence de l’organisme sur le terrain, au plus près des opérations qu’il est chargé de surveiller.
Plusieurs grands chantiers figuraient au programme de cette tournée d’inspection. Les responsables ont examiné les voiries urbaines de Pointe-Noire et la route reliant la ville à Loango, deux axes structurants pour la circulation et l’économie locale.
Des chantiers stratégiques passés au crible
L’université de Loango, encore en construction, a également été inspectée. Même attention pour la tour de la Société nationale des pétroles du Congo, l’un des projets les plus visibles du paysage urbain ponténégrin et symbole des ambitions du pays.
Selon le constat dressé sur place, les travaux progressent dans l’ensemble. Certains ont toutefois marqué le pas. Les intempéries et des difficultés financières ont pesé sur le rythme d’exécution de plusieurs ouvrages au cours des derniers mois.
L’arrivée de la saison sèche devrait permettre d’accélérer la cadence. Les conditions météorologiques plus clémentes lèvent l’un des principaux freins observés sur les chantiers exposés, où la pluie complique le coulage et la prise des matériaux.
« Un ouvrage mal exécuté ne peut être ni validé ni payé »
Au-delà de l’état d’avancement, c’est le respect des normes qui a guidé l’inspection. Marius Boris Miéré-Onka l’a résumé d’une formule ferme : « un ouvrage mal exécuté ne peut être ni validé ni payé » (BCBTP).
Cette ligne se traduit par des leviers concrets. Le bureau peut exiger la reprise des travaux défectueux. Il peut aussi bloquer les paiements destinés aux entreprises ou recommander des sanctions contre celles qui ne tiennent pas leurs engagements techniques.
Ces prérogatives placent le contrôle au cœur de la chaîne de la commande publique. En conditionnant le règlement à la conformité, le BCBTP entend responsabiliser les entreprises et limiter les malfaçons sur des infrastructures appelées à durer.
Un caniveau de 200 mètres en cours de démolition
L’application de cette doctrine s’est vérifiée sur le terrain. À Pointe-Noire, un tronçon de caniveau d’environ 200 mètres, situé sur l’avenue Antoinette-Sassou-N’Guesso, est en cours de démolition pour non-respect des normes techniques.
La décision illustre la fermeté revendiquée. Plutôt que de valider un ouvrage jugé non conforme, l’institution a choisi de le faire reprendre. Une démarche coûteuse à court terme, mais présentée comme une garantie pour la sécurité et la durabilité des aménagements.
Ce type d’intervention adresse aussi un signal aux opérateurs. Sur les chantiers ponténégrins, l’écart aux règles expose désormais à la démolition pure et simple des sections concernées, et non à une simple observation laissée sans suite.
Un redressement engagé depuis 2022
L’épisode s’inscrit dans une trajectoire plus large. Depuis 2022, le BCBTP a engagé un redressement progressif de ses capacités. L’objectif affiché est de renforcer son efficacité et d’asseoir son autorité technique sur l’ensemble des projets qu’il supervise.
Ce mouvement passe notamment par une modernisation de ses moyens. L’institution prévoit l’acquisition de matériel moderne, censé fiabiliser ses contrôles et accélérer ses interventions sur des chantiers de plus en plus nombreux et techniquement exigeants.
L’ambition est également géographique. Le bureau envisage d’étendre son maillage vers de nouvelles localités, citant notamment Oyo et Ouesso. De quoi rapprocher le contrôle des zones où se concentrent de futurs travaux d’infrastructures.
Une exigence appelée à se généraliser
À travers cette tournée, le BCBTP cherche à imposer un standard durable de qualité sur les ouvrages publics du Congo-Brazzaville. La démolition du caniveau de Pointe-Noire en devient le symbole le plus tangible pour les habitants comme pour les entreprises.
Reste à confirmer la portée de cette exigence dans le temps et sur l’ensemble du territoire. Mais le cap est posé : pour le directeur général, la conformité technique conditionne autant la validation des travaux que leur paiement effectif.
