TotalEnergies EP Congo annonce la découverte de 100 millions de barils récupérables sur le permis Moho, au large de Pointe-Noire. Une avancée qui conforte l’ambition pétrolière du Congo-Brazzaville.
Une nouvelle poche d’or noir au large de Pointe-Noire
Le sous-sol marin congolais réserve encore des surprises. TotalEnergies EP Congo vient d’annoncer, par communiqué, la découverte d’un gisement de pétrole sur le permis Moho, au large de Pointe-Noire.
Selon les analyses de la compagnie, cette trouvaille associée au puits d’exploration de Moho F représenterait environ 100 millions de barils de ressources récupérables. Un volume significatif pour un bassin déjà bien exploité.
L’information, encore fraîche, alimente l’optimisme d’un secteur qui demeure le poumon de l’économie nationale. Elle tombe à un moment où Brazzaville mise sur l’or noir pour soutenir ses finances.
Le puits MHNM-6 NFW, clé de la découverte
L’avancée repose sur un travail technique précis. Elle découle du forage du puits d’exploration MHNM-6 NFW, qui ciblait la structure géologique baptisée Moho G.
Les experts de la société ont mis en évidence une colonne d’hydrocarbures d’environ 160 mètres. Celle-ci se loge dans des réservoirs jugés de bonne qualité, ce qui constitue un indicateur encourageant pour la suite.
Ces formations ont fait l’objet d’une campagne complète d’acquisition de données. Cette étape, souvent discrète, conditionne pourtant la fiabilité des estimations et la planification des futurs forages d’évaluation.
Un développement à cycle court espéré
La géographie joue en faveur du projet. La découverte se situe à proximité immédiate des infrastructures de production déjà installées sur la licence de Moho.
Cette proximité ouvre la voie à un développement à cycle court et à faible coût, un argument décisif dans un marché où la maîtrise des dépenses pèse lourd sur la rentabilité des champs offshore.
« En tirant parti de notre expertise technique, nous créons les conditions d’une future production génératrice de valeur », a affirmé Nicola Mavilla, directeur d’exploration de TotalEnergies (communiqué).
Alima et Likouf, piliers de la production actuelle
Le champ Moho n’est pas un terrain vierge. Il s’appuie aujourd’hui sur deux unités flottantes de production, baptisées Alima et Likouf, qui structurent l’activité sur place.
Ensemble, ces installations produisent environ 90 000 barils équivalents pétrole par jour. Une base solide sur laquelle la nouvelle découverte pourrait venir se greffer sans repartir de zéro.
Ce raccordement possible aux installations existantes explique l’intérêt stratégique de la trouvaille. Il limite les investissements lourds tout en prolongeant la durée de vie d’un actif déjà productif.
Une exploitation portée par un partenariat tripartite
Derrière l’opérateur, plusieurs acteurs avancent de concert. L’exploration du permis Moho repose sur une collaboration entre TotalEnergies et ses partenaires.
La compagnie travaille aux côtés de Trident Energy et de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Ce montage associe l’expertise d’un grand groupe international à la présence d’un opérateur public national.
Cet attelage illustre le modèle retenu pour le pétrole congolais. L’État conserve un pied dans l’activité, tandis que les compétences techniques et les capitaux étrangers portent les phases les plus exigeantes.
Vers les 500 000 barils par jour
Au-delà du seul permis Moho, la découverte s’inscrit dans une trajectoire nationale. Elle représente une étape jugée stratégique pour renforcer la production énergétique du pays.
Le gouvernement poursuit en effet un objectif clair : atteindre une production pétrolière de 500 000 barils par jour. Chaque nouveau gisement crédible rapproche, sur le papier, cet horizon ambitieux.
Reste que l’écart entre ressources annoncées et barils effectivement extraits demeure réel. Une découverte n’équivaut pas à une production immédiate, et les délais d’exploitation se comptent souvent en années.
Ce que cette trouvaille dit de l’offshore congolais
Pour le Congo-Brazzaville, le signal envoyé compte autant que les chiffres. Il rappelle que le bassin côtier reste capable de livrer de nouvelles ressources malgré sa maturité.
Pour les habitants de Pointe-Noire, capitale économique et cœur du secteur, l’annonce résonne particulièrement. La filière pétrolière y irrigue l’emploi, les services et une part notable de l’activité locale.
Dans un contexte où la diversification reste un chantier de long terme, l’or noir conserve un rôle central. Cette découverte ne change pas la donne à elle seule, mais elle nourrit l’ambition affichée par les autorités.
L’enjeu, désormais, tiendra à la capacité de TotalEnergies et de ses partenaires à transformer ce potentiel en barils réels. Les prochaines campagnes diront si l’estimation de 100 millions de barils se confirme sur le terrain.
