À Pointe-Noire, le robinet sec n’est plus une fatalité pour des centaines de milliers d’habitants. Le 4 avril 2026, le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique, Émile Ouosso, a inauguré une série de stations eau pratice dans la ville Océane.
Six cent mille habitants raccordés d’un coup
Ces installations visent à soulager environ 600 000 Congolais. Tous vivent dans des quartiers longtemps privés d’eau courante, où chaque litre se gagnait au prix d’efforts quotidiens et de dépenses parfois lourdes pour les ménages.
Dans un premier temps, les forages couvrent quatre zones ciblées : Lumumba n°1, Km4 n°3, Tsie-Tsie et Ngoyo n°6. Le déploiement doit ensuite s’élargir à d’autres arrondissements, à mesure que le programme monte en puissance dans le département.
Une couverture en eau qui grimpe à près de 62 %
Le ministre Émile Ouosso a chiffré l’impact attendu de ces ouvrages autonomes. Son message, à la fois technique et politique, replace ces stations dans une trajectoire plus large d’amélioration de l’accès à l’eau à Pointe-Noire.
« En ajoutant près de 600 000 Congolais connectés à l’eau dans ces trois arrondissements de Pointe-Noire, le taux de la couverture en eau va passer de 56 % à près de 62 %, en intégrant ces ouvrages autonomes », a-t-il expliqué.
Le responsable a tenu à présenter cette mise en service comme un jalon, non comme un aboutissement. « Ceci n’est qu’une étape, et la suivante sera le projet Mattei mené avec les Italiens dont le démarrage est prévu pour la fin de l’année », a-t-il ajouté.
Des forages de haute technologie financés par l’État
Le financement provient entièrement de l’État congolais, qui a misé sur des forages présentés comme relevant d’une technologie avancée. Cette approche autonome permet de produire et distribuer l’eau localement, sans dépendre des seuls réseaux classiques de la ville.
À terme, ces équipements s’inscrivent dans le projet Mattei, conduit avec des partenaires italiens. Selon les indications données lors de la cérémonie, son lancement est attendu pour la fin de l’année, ouvrant un nouveau chapitre pour l’hydraulique locale.
Près de 275 000 litres produits chaque heure
La performance technique des stations a été détaillée par le directeur général de La Congolaise des eaux (LCDE), Christome Makita. Ses chiffres donnent la mesure concrète de ce que représentent ces installations pour les quartiers concernés.
« Les statistiques de productions sont de 94 000 litres par heure pour Ngoyo et Lumumba, et 87 000 litres par heure pour Tsie-Tsie, soit 275 000 litres de production d’eau par heure », a précisé le dirigeant de la LCDE.
Rapportée à une journée, cette capacité illustre un saut quantitatif notable. Pour des foyers habitués à composer avec la rareté, l’arrivée d’un débit régulier change la routine domestique, depuis la cuisine jusqu’à l’hygiène et aux activités économiques de proximité.
Brazzaville avait ouvert la voie
Pointe-Noire n’est pas la première à bénéficier de ce dispositif. Avant la ville Océane, la capitale Brazzaville avait déjà accueilli des stations eau pratice, signe d’une stratégie pensée à l’échelle nationale plutôt que limitée à un seul territoire.
Ces réalisations antérieures concernent notamment Nkombo, dans le huitième arrondissement Djiri, ainsi que Mfilou, dans le septième arrondissement de la capitale. Elles dessinent une logique de diffusion progressive des équipements vers les zones mal desservies.
Un test grandeur nature pour l’accès à l’eau
Au-delà des chiffres, l’enjeu reste celui de la durée. La mise en service marque un point de départ encourageant, mais la valeur réelle de ces stations se mesurera à leur fiabilité dans le temps et à la régularité de la distribution promise aux habitants.
Pour les quartiers de Lumumba, Km4, Tsie-Tsie et Ngoyo, l’attente était ancienne. Le passage annoncé de 56 % à près de 62 % de couverture traduit une avancée tangible, tout en rappelant qu’une part de la population demeure encore à raccorder.
La suite dépendra largement du projet Mattei et de son calendrier. Si l’échéance de fin d’année est tenue, Pointe-Noire pourrait franchir une nouvelle marche, confirmant que l’eau courante cesse peu à peu d’être un privilège réservé à certains arrondissements.