La présidentielle congolaise de 2026 entre dans sa phase décisive. La Cour constitutionnelle de la République du Congo se réunira en audience publique le samedi 28 mars 2026, à 10 heures, dans sa salle d’audience de Brazzaville.
À son ordre du jour figure un dossier sensible : le recours déposé le 20 mars 2026 par Uphrem Dave Mafoula, candidat malheureux au scrutin. L’audience se tiendra sous la présidence d’Auguste Iloki, qui dirige la haute juridiction.
Un recours qui vise directement la réélection de Sassou-N’Guesso
Le requérant ne se contente pas de pointer des irrégularités ponctuelles. Uphrem Dave Mafoula demande à la Cour l’annulation pure et simple des résultats proclamés à l’issue du vote.
Sa démarche va plus loin encore. Le candidat sollicite également l’annulation de l’élection de son adversaire, Denis Sassou-N’Guesso, donné vainqueur du scrutin. L’enjeu juridique dépasse donc la seule contestation de chiffres.
L’affaire place ainsi face à face deux figures du processus électoral : un candidat qui conteste et un président sortant dont la victoire est désormais soumise à l’examen des juges constitutionnels.
Ce que la Cour constitutionnelle est habilitée à juger
En matière électorale, la Cour constitutionnelle occupe une position particulière. Elle agit comme juge du contentieux, chargé d’apprécier la régularité du scrutin et de statuer sur les contestations introduites dans les délais légaux.
Son rôle n’est pas de rejuger l’élection sur le fond politique. La haute juridiction examine la conformité du processus aux règles en vigueur et la recevabilité des griefs portés devant elle.
Cette compétence encadre strictement le débat. Les juges devront vérifier si le recours de Mafoula remplit les conditions de forme avant même d’aborder l’examen des arguments soulevés au fond.
Le seuil exigeant de l’annulation d’un scrutin
Obtenir l’annulation d’une élection n’a rien d’automatique. Pour prospérer, un recours doit démontrer l’existence d’irrégularités substantielles, c’est-à-dire suffisamment graves pour avoir pesé sur le résultat.
La jurisprudence électorale repose sur une notion clé : la sincérité du vote. Le requérant doit établir que les manquements allégués étaient de nature à altérer cette sincérité, et non de simples imperfections sans incidence réelle.
C’est sur ce terrain que se jouera l’essentiel. La Cour évaluera la matérialité des faits invoqués par Uphrem Dave Mafoula et leur portée concrète sur le déroulement du scrutin présidentiel.
Une décision qui fixera l’issue définitive du contentieux
L’audience du 28 mars constitue une étape déterminante pour la clarification juridique de la présidentielle. Elle doit permettre d’examiner publiquement les arguments du candidat contestataire.
La décision attendue de la haute juridiction aura un poids considérable. Elle fixera définitivement l’issue du contentieux, sans recours ultérieur possible dans l’ordre constitutionnel congolais.
Pour les électeurs comme pour les acteurs politiques, ce rendez-vous représente le dernier acte juridique du processus. Quelle que soit l’orientation retenue par les juges, leur verdict scellera le sort des résultats proclamés.
En attendant cette échéance, le calendrier reste suspendu à l’appréciation de la Cour. Le 28 mars, Brazzaville saura si la contestation portée par Uphrem Dave Mafoula bouleverse l’équation électorale ou confirme la réélection de Denis Sassou-N’Guesso (Journal de Brazza).
