À l’approche de la présidentielle, le candidat Denis Sassou N’Guesso a fait de Dolisie, chef-lieu du Niari, une étape économique. Le 1er mars 2026, il y a rencontré les patrons réunis autour d’Unicongo. Un échange franc, presque à cœur ouvert, sur l’avenir du secteur privé.
Dolisie, vitrine d’un projet économique pour le Congo
Le meeting tenu dans le Niari ne s’est pas limité aux mobilisations partisanes. Le président sortant y a présenté son projet de société, sobrement intitulé « Accélérons la marche vers le développement ». Les chefs d’entreprise ont écouté, puis répondu.
Au-delà du décor de campagne, l’enjeu était clair. Comment relancer une économie qui cherche un second souffle ? La question a structuré tout l’échange. Elle dépasse, de loin, le simple calendrier électoral congolais.
Unicongo plaide pour le contenu local
La délégation patronale était conduite par Michel Djombo, président d’Unicongo. Sa parole a porté l’attente d’une communauté d’affaires soucieuse d’être entendue. « Le secteur privé est prêt à accompagner l’effort national de mobilisation des ressources », a-t-il assuré.
Mais cet engagement n’était pas inconditionnel. Djombo a posé ses exigences avec netteté. L’investissement, a-t-il rappelé, réclame de la visibilité, de la confiance, de la concertation et un respect strict des règles établies.
Le patron d’Unicongo a ensuite défendu une idée centrale : la priorité à l’expertise locale. Ce que les économistes nomment le contenu local. L’idée consiste à mobiliser d’abord les compétences et entreprises congolaises avant de se tourner vers l’étranger.
À cette priorité s’ajoutent d’autres revendications. Un accès équitable aux marchés publics, d’abord. L’émergence de véritables champions nationaux, ensuite. Enfin, une ouverture progressive du secteur privé congolais aux domaines jugés stratégiques pour le pays.
Marchés publics : Sassou N’Guesso pose ses conditions
Le candidat a accueilli favorablement cet engagement du patronat. Il n’a toutefois pas adopté sans nuance les demandes formulées par Unicongo. Sa réponse a introduit un mot clé qui change la donne : la compétitivité.
« Être local ne suffit pas », a tranché Denis Sassou N’Guesso. Pour lui, la préférence nationale ne saurait être un blanc-seing. Les marchés publics, a-t-il insisté, doivent retenir les offres les plus efficaces et les plus économiques disponibles.
Cette précision dessine une ligne de crête. D’un côté, l’ambition de soutenir l’entreprise congolaise. De l’autre, l’exigence de performance et de saine gestion des deniers publics. Deux objectifs que le candidat refuse d’opposer frontalement.
Un dialogue qui engage l’après-scrutin
La nuance n’a pas refroidi la salle, bien au contraire. La communauté d’affaires congolaise a accueilli favorablement cette approche compétitive. Signe, peut-être, d’une maturité partagée sur les conditions réelles du développement économique national.
Car derrière les formules, un équilibre se cherche. Les entrepreneurs réclament protection et préférence. L’État, lui, rappelle ses contraintes budgétaires et son devoir d’efficacité. Le rendez-vous de Dolisie a permis de nommer cette tension sans la masquer.
Reste à savoir ce que vaudront ces promesses une fois les urnes refermées. La concertation évoquée par Michel Djombo suppose des mécanismes durables, pas seulement des discours de meeting. C’est sur ce terrain que se jugera la sincérité de l’engagement affiché.
Pour le patronat congolais, l’étape de Dolisie restera un marqueur. Elle aura offert une tribune rare pour exposer ses attentes face au pouvoir. Pour Sassou N’Guesso, elle aura permis de tester son discours économique auprès d’un public exigeant.
L’économie congolaise, elle, attend des actes. Les principes énoncés dans le Niari, contenu local et compétitivité, devront se traduire en commandes publiques, en contrats et en emplois concrets. Le développement annoncé se mesurera, in fine, à l’aune de ces réalisations.
