Le Rotary International change de visage en Afrique centrale. À la tête du District 9150, un nouveau gouverneur entend transformer les intentions en réalisations concrètes, mesurables, sur un territoire qui s’étend bien au-delà des frontières congolaises.
Une élection actée à Kinshasa
C’est lors de la 44e conférence du District 9150, tenue du 23 au 25 avril 2026 à Kinshasa, que le professeur Hyacinthe Défoundoux-Fila a été porté à la fonction de gouverneur. Le rendez-vous se déroulait sous un thème évocateur.
Cette devise, « Servir d’abord, unis pour faire le bien », résume l’esprit dans lequel le nouveau responsable souhaite inscrire son mandat. Elle place l’action collective et le service rendu aux communautés au cœur de la démarche rotarienne pour l’exercice à venir.
Une feuille de route présentée à Brazzaville
Quelques semaines après son élection, le professeur Défoundoux-Fila a choisi Brazzaville pour détailler ses ambitions. Le 26 juin 2026, lors d’une conférence de presse, il a exposé les grandes lignes de son programme aux médias et aux membres réunis.
L’exercice tenait autant de la déclaration d’intention que de l’engagement public. En affichant des objectifs précis devant la presse, le gouverneur s’expose au contrôle de ses résultats, une posture qui tranche avec les promesses vagues souvent entendues dans la vie associative.
Trois objectifs chiffrés pour 2026-2027
Le premier engagement concerne le recrutement. Le District 9150 vise plus de 400 nouveaux membres avant juin 2027. Une ambition forte, qui suppose de séduire de nouveaux profils et de convaincre des bénévoles d’investir leur temps dans la cause rotarienne.
Le deuxième axe touche au financement. Le gouverneur entend augmenter de 10 % les contributions versées à la Fondation Rotary. Cette hausse doit donner au district les moyens de ses ambitions, en alimentant la caisse qui finance les actions de terrain.
Le troisième objectif vise l’impact direct. Au moins 50 projets de développement devront être financés sur l’ensemble du district. Cette cible traduit la volonté de passer des cotisations aux réalisations visibles, au bénéfice des populations concernées.
Dix pays sous une même bannière
Le District 9150 ne se limite pas au Congo-Brazzaville. Il rassemble dix pays : le Burundi, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, São Tomé-et-Príncipe, la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Tchad.
Cette géographie vaste constitue à la fois une force et un défi. Coordonner des clubs répartis sur un espace aussi étendu, avec des contextes nationaux différents, demande une organisation rigoureuse et une circulation fluide des informations entre les antennes locales.
Le choix de tenir la conférence électorale à Kinshasa, puis d’annoncer la feuille de route à Brazzaville, illustre cette dimension transfrontalière. Les deux capitales, séparées par le fleuve Congo, symbolisent l’ancrage régional du district et sa volonté d’unité.
Des chantiers prioritaires au service des populations
Au-delà des chiffres, le nouveau gouverneur a précisé les domaines sur lesquels portera l’effort. L’éducation et la santé figurent en tête des priorités retenues pour la période. Deux secteurs où les besoins demeurent considérables dans la sous-région.
L’accès à l’eau potable et l’assainissement complètent la liste des chantiers. Ces questions, souvent décisives pour la santé publique et la dignité quotidienne, mobilisent de longue date les organisations humanitaires actives sur le continent.
La protection de l’environnement vient parachever ce socle d’engagements. En l’inscrivant parmi les axes prioritaires, le District 9150 s’aligne sur les préoccupations climatiques qui traversent désormais l’ensemble des bassins forestiers d’Afrique centrale.
Une organisation jugée sur ses actes
Le professeur Défoundoux-Fila a tenu à rappeler la nature profonde du mouvement qu’il dirige désormais. Le Rotary demeure, selon ses mots, « une organisation humanitaire ». Une définition qui replace le service au-dessus de toute autre considération.
Le gouverneur a poussé la réflexion plus loin. Il estime que l’institution devrait être jugée « sur la base de ce que nous faisons ». Une invitation à mesurer la valeur du Rotary à l’aune de ses réalisations, et non de ses discours.
Cette exigence résonne avec les objectifs chiffrés qu’il a fixés. En liant ambition publique et reddition de comptes, le nouveau responsable place son mandat sous le signe de la performance concrète, attendue par les membres comme par les bénéficiaires.
Reste désormais à transformer l’essai. Les douze mois qui s’ouvrent diront si le District 9150 parvient à conjuguer recrutement, financement et projets, dans dix pays aux réalités contrastées, pour donner corps à une promesse de service partagée.
