Le dernier jour du Brevet d’études du premier cycle devait sceller des espoirs. À Sibiti, chef-lieu du département de la Lékoumou, il a viré au deuil. Quatre candidats ont perdu la vie dans un accident de la circulation, au terme même des épreuves.
Un drame au terme des épreuves du BEPC
La nouvelle a traversé Sibiti comme une onde de choc. Ces quatre élèves venaient d’achever leur dernière copie. Ils portaient encore l’énergie particulière de ceux qui referment un chapitre scolaire, persuadés d’ouvrir le suivant.
L’accident est survenu dans la ville même, département de la Lékoumou, au sud du pays. Le timing rend la perte plus cruelle encore. Là où l’on attendait des résultats et des félicitations, ce sont des familles qui préparent désormais des obsèques.
Dans une localité de cette taille, chacun se connaît. La disparition de quatre jeunes candidats ne frappe pas seulement quatre foyers. Elle atteint des salles de classe entières, des voisinages, des camarades qui composaient à leurs côtés quelques heures plus tôt.
Le ministre Jean Luc Mouthou au chevet des familles
Face à l’émotion, le gouvernement a choisi la présence plutôt que le communiqué. Le ministre de l’Éducation nationale, Jean Luc Mouthou, a fait le déplacement jusqu’à Sibiti. Il est venu dire, en personne, la solidarité de l’État aux familles endeuillées.
Ses mots ont pesé leur part de gravité. « Ces élèves avaient des ambitions, des rêves et un avenir prometteur », a-t-il déclaré. Une phrase simple, qui résume ce que l’accident a brutalement interrompu, sans détour ni formule administrative.
Le ministre a présenté « ses plus sincères condoléances aux familles, camarades de classe et enseignants ». Le choix de nommer aussi les camarades et les enseignants n’est pas anodin. Il reconnaît que le deuil déborde largement le cercle familial immédiat.
Se rendre physiquement dans un département de l’intérieur envoie également un signal. L’exécutif entend montrer que la douleur d’une localité éloignée de Brazzaville reçoit la même attention que celle des grandes villes du pays.
La prévention routière au cœur des préoccupations
Aux côtés du ministre figurait le préfet de la Lékoumou, Jean Christophe Tchikaya. L’autorité départementale n’a pas seulement partagé le recueillement. Elle a orienté le propos vers l’avenir, en insistant sur la mécanique qui a conduit au drame.
Le préfet a souligné la nécessité de renforcer les mesures destinées à prévenir de tels drames. Derrière cette exhortation affleure une préoccupation ancienne au Congo-Brazzaville. La sécurité routière demeure un défi persistant, dans les centres urbains comme sur les axes départementaux.
Un accident qui emporte quatre candidats un jour d’examen ne relève pas de la seule fatalité. Il ramène, encore une fois, la question des conditions de déplacement des élèves. Combien parcourent chaque jour des trajets exposés pour rejoindre leur centre d’examen ?
La parole du préfet reste, à ce stade, une intention. Elle n’en trace pas moins un cap. Transformer l’émotion collective en mesures concrètes constitue désormais l’attente implicite des familles et des habitants de Sibiti.
Des funérailles accompagnées par l’État
Au-delà des paroles, le gouvernement a apporté un soutien matériel à l’organisation des funérailles. Ce geste répond à une urgence très concrète pour des familles frappées sans préavis. Il évite que le deuil s’alourdisse d’un fardeau logistique et financier.
La géographie des sépultures dit quelque chose des trajectoires de ces jeunes. Trois des élèves seront inhumés à Sibiti, là où ils passaient leur examen. Le quatrième reposera à Boko, dans le département du Pool, plus au sud du pays.
Cette dispersion rappelle que les centres d’examen rassemblent des candidats venus de plusieurs horizons. Un élève originaire du Pool composait à Sibiti. Derrière chaque nom se dessine un parcours singulier, une famille, un village qui attendait un diplôme.
Une communauté scolaire endeuillée
Pour les camarades survivants, la fin des épreuves gardera une saveur amère. La photo de classe manquera désormais de quatre visages. Les résultats, lorsqu’ils tomberont, se liront à l’ombre de cette absence brutale et injuste.
Les enseignants, eux aussi cités dans les condoléances ministérielles, portent une peine particulière. Ils ont accompagné ces élèves jusqu’à l’ultime épreuve. Voir un travail d’année entière anéanti à quelques heures de sa reconnaissance officielle laisse une marque durable.
Sibiti retient son souffle. La ville qui devait célébrer une génération pleure quatre des siens. Reste l’espoir, exprimé par les autorités, que ce drame serve enfin de déclencheur à une prévention plus ferme sur les routes du département. (Adiac-Congo)
