Le CEG Pierre Lountala de Dolisie a porté son taux de réussite au BEPC de 50,64 % en 2024 à 65,30 % en 2026. Un bond de près de quinze points que l’établissement attribue à une discipline érigée en méthode.
Un collège de Dolisie aux bâtiments modestes
À Dolisie, le collège d’enseignement général Pierre Lountala ne paie pas de mine. Bâtiments modestes, moyens limités : l’établissement coche toutes les cases de l’école ordinaire. Ses résultats au brevet, eux, racontent une autre histoire.
Sur trois sessions, la courbe ne s’est jamais inversée. En 2024, 273 candidats sur 539 décrochaient le BEPC, soit 50,64 % de réussite. Une session tout juste au-dessus de la moyenne, sans relief particulier.
BEPC : près de quinze points gagnés en trois sessions
L’année suivante marque un premier redressement. En 2025, 272 admis sur 497 inscrits portent le taux à 54,50 %. Près de quatre points gagnés, avec un nombre d’admis quasi identique mais un effectif de candidats plus resserré.
La session 2026 confirme la tendance et l’accélère. Sur 366 candidats, 239 obtiennent le diplôme, soit 65,30 % de réussite. En deux ans, l’établissement a gagné près de quinze points, une progression rare à cette échelle.
Le paradoxe mérite d’être posé. Le taux grimpe pendant que le nombre de lauréats recule, de 273 en 2024 à 239 en 2026. Le collège fait mieux réussir, mais sur une cohorte nettement moins nombreuse.
Un chiffre invite d’ailleurs à la prudence : les candidats sont passés de 539 à 366 en trois sessions. Les éléments publiés n’en donnent pas la raison, et la lecture de la progression doit garder cette réserve en tête.
La discipline érigée en outil pédagogique
Dans l’établissement, l’explication tient en un mot. La discipline y est présentée comme le moteur de la réussite, non comme une contrainte administrative mais comme un outil pédagogique à part entière (Les Échos du Congo-Brazzaville).
Cette rigueur est décrite comme un fondement de l’apprentissage, du travail et de la réussite. Une manière d’affirmer qu’avant les équipements, ce sont les règles quotidiennes qui structurent une classe et conditionnent ce qu’elle produit.
Ludovic Maxime Maboulou, un cap tenu depuis 2023
Ces progrès portent une signature. Ludovic Maxime Maboulou dirige le CEG Pierre Lountala depuis l’année scolaire 2023-2024. Son engagement pour la rigueur et l’excellence éducative est présenté comme le levier de la remontée.
Le calendrier concorde. La session 2024, la première conduite sous sa direction, fait office de point de départ, et les deux suivantes installent la progression. Une continuité de méthode que le collège met en avant.
Ce que l’exemple du CEG Pierre Lountala met en avant
Le message porté par l’établissement dépasse Dolisie. La qualité scolaire dépendrait moins des infrastructures que « de la valeur des femmes et des hommes qui construisent chaque jour la réussite des élèves ».
Formulé ainsi, l’argument déplace le regard des murs vers celles et ceux qui les occupent. Il ne dit pas que les moyens n’importent pas, mais qu’ils ne décident pas seuls du sort d’une cohorte.
Reste qu’un exemple ne vaut pas démonstration générale. Avec des moyens limités, le CEG Pierre Lountala montre surtout que le travail et la discipline demeurent des moteurs de la réussite, y compris là où l’équipement fait défaut.
