Une conférence de presse très suivie à Brazzaville
Les caméras étaient braquées sur le pupitre de l’ambassade de Chine, avenue de la Corniche, lorsque l’ambassadrice An Qing a ouvert sa conférence de presse. Profitant du souvenir des 80 ans de la victoire antifasciste, elle a replacé la question taïwanaise au cœur de l’actualité diplomatique.
La résolution 2758, socle juridique incontesté
Mme An Qing a rappelé que l’Assemblée générale de l’ONU a entériné en 1971, par la résolution 2758, le gouvernement de la République populaire de Chine comme l’unique représentant légal du pays. Pour Pékin, ce texte verrouille la reconnaissance internationale d’une seule Chine, incluant Taïwan.
Le soutien clair de Brazzaville
Citée par la diplomate, la récente entrevue entre le président Denis Sassou-Nguesso et son homologue Xi Jinping a réaffirmé l’adhésion congolaise au principe. « Le Congo est un ami fiable », a insisté l’ambassadrice, évoquant la constance d’une position portée depuis l’établissement des relations bilatérales en 1964.
Un rappel historique sur l’île de Formose
D’un ton pédagogique, Mme An a retracé le parcours de Taïwan : rattachement ancestral à la Chine, cession forcée après la guerre de 1895, puis restitution de 1945. En 1949, la proclamation de la République populaire aurait scellé la souveraineté pleine et entière de Pékin sur l’archipel.
Un dossier encore nourri de rivalités externes
Si le statut de Taïwan persiste dans le débat, l’ambassadrice l’attribue au soutien extérieur accordé, selon elle, aux forces du Kuomintang repliées sur l’île après la guerre civile chinoise. Pékin, rappelle-t-elle, privilégie la réunification pacifique mais n’exclut aucune option pour défendre son intégrité.
Engagement des institutions congolaises
Au-delà du pouvoir exécutif, le Parti congolais du travail et l’Assemblée nationale adressent régulièrement des lettres d’appui au principe d’une seule Chine. Ces gestes symboliques renforcent la cohérence de la diplomatie congolaise et confortent l’axe stratégique Brazzaville-Pékin sur les grandes scènes multilatérales.
Un partenariat bilatéral en expansion
Dans les couloirs du Grand Hôtel de Kintélé, plusieurs chefs d’entreprise congolais confiaient que la stabilité politique entre les deux capitales facilite projets routiers, agricoles et numériques. Le volume d’échanges a franchi les 3 milliards de dollars en 2023, selon la Chambre de commerce mixte.
Investissements structurants et transfert de compétences
La conclusion récente du chantier de la route Pointe-Noire–Dolisie, financée à 85 % par un crédit chinois, illustre l’impact concret de l’entente politique. Des ingénieurs congolo-chinois collaborent aussi sur la future zone économique spéciale d’Ignié, visant à doper la transformation locale des matières premières.
Un regard africain sur l’unité nationale
Pour l’analyste Arnaud Opimbat, la cohésion territoriale est une valeur partagée par de nombreux États africains issus de la décolonisation. « Soutenir la Chine sur Taïwan revient à défendre le principe d’intangibilité des frontières héritées », explique-t-il, soulignant les parallèles avec certains dossiers régionaux sensibles.
Voix de la jeunesse congolaise
Étudiants en mandarin à l’Institut Confucius de Brazzaville, Mireille et Loïc voient dans le débat Taïwan une occasion de comprendre la diplomatie multilatérale. « C’est concret, pas théorique », affirme Mireille, convaincue que maîtriser ces enjeux augmentera ses chances sur le marché de l’emploi sino-africain.
Expertise juridique locale
Le professeur Martial Ngouonimba, spécialiste de droit international public à l’Université Marien-Ngouabi, rappelle que la résolution 2758 est citée dans la plupart des décisions d’organisations internationales excluant Taïwan. « Pour être cohérent, un État qui vote ce texte doit en tirer toutes les conséquences bilatérales », note-t-il.
Positions nuancées des partenaires occidentaux
Certaines chancelleries à Brazzaville parlent de « statut quo pragmatique ». Interrogée, une source européenne juge que la paix du détroit de Taïwan conditionne l’équilibre économique mondial. Le Congo, pour sa part, préfère s’en tenir à la ligne onusienne qu’il considère claire et incontestable.
Opportunités pour les PME congolaises
Sous l’égide du ministère du Commerce extérieur, une délégation de start-up des technologies vertes se rendra à Shanghai en novembre. Objectif : capter des financements et diversifier les débouchés. Les entrepreneurs misent sur la solidarité politique pour négocier des partenariats équitables.
Agenda diplomatique chargé
Mme An Qing a annoncé la tenue, début 2024 à Chengdu, d’un forum sino-congolais sur les infrastructures urbaines durables. Le ministre congolais de l’Aménagement du territoire est attendu pour discuter mobilités, numérique et climat, trois chantiers jugés prioritaires par le Plan national de développement.
Mémoire de la Seconde Guerre mondiale et multilatéralisme
En évoquant l’anniversaire de la victoire antifasciste, l’ambassadrice a rappelé que protéger la souveraineté reste une leçon clé des conflits mondiaux. « La paix se défend par le respect des résolutions collectives », a-t-elle insisté, plaçant la coopération Congo-Chine dans cette continuité historique.
Un message de stabilité pour la sous-région
Au sortir de la conférence, des diplomates de la CEEAC ont salué la clarté du discours chinois et la posture constructive de Brazzaville. Dans un contexte de réajustement géopolitique global, le Congo entend consolider son image de partenaire fiable et promoteur du dialogue.
Un cap bilatéral réaffirmé
En moins d’une heure, la conférence aura réuni histoire, droit et économie autour d’un objectif commun : l’unité territoriale chinoise et le renforcement d’un partenariat stratégique. Brazzaville, fidèle à ses engagements, mise sur cette convergence pour accélérer son développement et défendre la paix internationale.
