Le rendez-vous de l’économie francophone s’installe à Brazzaville
Pour la première fois, l’Afrique centrale entre dans la ronde. Brazzaville accueille du 9 au 13 juin 2026 la 7e édition du Forum International des Entreprises Francophones, le FIEF, un signal fort pour la place du Congo dans le concert économique de la francophonie.
L’ouverture s’est tenue le 9 juin au Centre International de Conférence du Grand Hôtel de Kintélé. Le thème retenu donne le ton : « La francophonie économique, levier d’innovation, de partenariats durables et de croissance inclusive dans l’écosystème francophone ».
Le forum se déroule sous le parrainage du président Denis Sassou-N’Guesso. Il est co-organisé par l’Union Nationale des Opérateurs Économiques du Congo, l’UNOC, et par le Groupement du Patronat Francophone, deux structures qui scellent ici une coopération attendue.
Une première en Afrique centrale qui change la donne
Le ministre Ludovic Ngatse n’a pas manqué de souligner l’événement : c’est la première fois que ce rendez-vous international se tient en Afrique centrale. Une localisation qui dit, à elle seule, le poids grandissant de la République du Congo dans la dynamique francophone.
Ce choix n’est pas anodin. Il intervient alors que le continent ouvre un vaste chantier d’intégration commerciale. Les perspectives de la Zone de libre-échange continentale africaine, la ZLECAF, planent sur les débats et donnent au rendez-vous une résonance dépassant les frontières congolaises.
Accueillir un tel forum, c’est aussi exposer une vitrine. Pour Brazzaville, l’occasion vaut autant pour les contacts noués que pour l’image projetée auprès d’investisseurs en quête de relais en Afrique centrale.
Plus de 1 500 acteurs autour d’une même table
Le FIEF réunit plus de 1 500 participants venus de l’ensemble de l’espace francophone. Chefs d’entreprises, investisseurs, experts et représentants d’institutions financières s’y croisent, le temps de quelques journées denses, pour mesurer les opportunités d’un marché en mouvement.
Le programme conjugue réseautage, rencontres B2B et tables-rondes consacrées aux grands défis économiques mondiaux. L’idée maîtresse reste de transformer les échanges en partenariats concrets, plutôt que de s’en tenir aux discours.
Une attention particulière est réservée aux petites et moyennes entreprises, à l’entrepreneuriat des jeunes et à la transition durable. Trois priorités qui collent aux réalités d’économies cherchant à se diversifier sans creuser les inégalités.
La francophonie comme levier de transformation
La ministre Irène Marie-Cécile Mboukou-Kimbatsa a résumé l’enjeu d’une formule : « les partenariats économiques au sein de l’espace francophone représentent un levier important pour accélérer la transformation économique ».
Derrière la déclaration, une conviction partagée par les organisateurs : la langue commune peut devenir un atout commercial, un facilitateur de confiance entre acteurs qui parlent le même vocabulaire des affaires. Reste à transformer cette proximité culturelle en flux réels.
Pour le Congo-Brazzaville, l’exercice tient autant de la diplomatie économique que de l’ambition intérieure. En captant ce forum, le pays affirme vouloir compter parmi les places qui structurent les échanges entre nations francophones.
Les retombées se jugeront sur la durée, au rythme des accords signés et des projets concrétisés. Mais pour l’heure, Brazzaville tient sa scène. Et l’Afrique centrale, longtemps en retrait de ce circuit, s’y fait enfin une place.
