L’économie congolaise affiche des signaux encourageants pour l’année à venir. La croissance de la République du Congo est projetée à 5,3 % en 2026, un chiffre annoncé le 27 mars à Brazzaville par le ministre des Finances, du budget et du portefeuille public, Christian Yoka.
Cette prévision a été dévoilée lors de la première session ordinaire du Comité national économique et financier (CNEF), instance que préside le ministre. Le rendez-vous a rassemblé plusieurs membres du gouvernement autour des grands équilibres financiers du pays.
Le pétrole et le gaz en moteurs de la reprise
Selon Christian Yoka, cette performance attendue tient d’abord au rebond de la production pétrolière. Pilier historique des recettes nationales, l’or noir retrouve un souffle qui pèse directement sur les perspectives chiffrées présentées aux participants.
Le développement du gaz liquéfié s’ajoute à cette dynamique. Ce segment, encore jeune, vient compléter l’apport des hydrocarbures classiques. Le ministre y voit un relais de croissance appelé à renforcer le poids du Congo sur les marchés énergétiques régionaux.
Mais la projection ne repose pas uniquement sur les ressources extractives. Le ministre a insisté sur le dynamisme du secteur non pétrolier, présenté comme un soutien complémentaire à la trajectoire économique. Cette diversification reste un objectif récurrent des autorités congolaises.
Un secteur bancaire qui se redresse
Le Comité a relevé une hausse notable des crédits bancaires, doublée d’une amélioration de la qualité du portefeuille. Concrètement, l’encours des financements accordés au secteur privé atteint désormais 1 300,7 milliards de FCFA, en progression de 23,0 %.
Ce bond traduit un appétit retrouvé des établissements pour le financement de l’activité. Il signale aussi une confiance accrue envers les acteurs économiques nationaux, à un moment où l’accès au crédit demeure un frein souvent évoqué par les entreprises locales.
La santé du système bancaire s’améliore également sur le terrain du risque. Le taux de créances en souffrance a reculé à 13,5 %, contre 16,5 % en 2024. Cette baisse marque un assainissement progressif des bilans des banques implantées dans le pays.
Le filet de sécurité se renforce en parallèle. Le taux de couverture par les provisions a progressé pour s’établir à 65,1 %. Autrement dit, les banques constituent davantage de réserves face aux impayés, ce qui consolide leur résistance en cas de chocs.
Des chantiers structurants au cœur des priorités
Au-delà des indicateurs, Christian Yoka a appelé à soutenir plusieurs projets structurants lancés récemment. Le ministre place ces grands chantiers parmi les leviers concrets de la transformation économique du Congo, au service de la circulation des biens et des personnes.
La modernisation du Chemin de fer Congo Océan (CFCO) figure en bonne place. Cet axe ferroviaire, vital pour relier l’intérieur du pays au littoral, conditionne en partie la compétitivité logistique et l’acheminement des marchandises vers les ports.
Le ministre a aussi cité les travaux de construction de la route reliant Pointe-Noire à Cabinda, en Angola. Ce tronçon transfrontalier vise à fluidifier les échanges avec le voisin angolais et à inscrire le Congo dans une logique d’intégration régionale plus poussée.
Un cap collectif à tenir
La réunion du CNEF a notamment réuni le ministre des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, et le ministre de l’Économie, Ludovic Ngatsé. Leur présence souligne le caractère interministériel des arbitrages liés à la croissance et au financement de l’économie.
Pour les ménages comme pour les entreprises, ces annonces dessinent un horizon plus lisible. La combinaison d’une reprise énergétique, d’un crédit plus abondant et d’infrastructures en chantier pourrait nourrir l’activité dans plusieurs départements du pays.
Reste à transformer ces projections en résultats tangibles. La trajectoire de 5,3 % constitue un objectif, dont la concrétisation dépendra de l’exécution des chantiers et de la solidité du secteur non pétrolier sur lequel mise le gouvernement.
Pour les acteurs privés, le message envoyé par le Comité se veut rassurant. L’amélioration simultanée du volume et de la qualité du crédit ouvre, en théorie, davantage d’opportunités de financement pour les porteurs de projets congolais (ACI).
À ce stade, le Congo affiche donc une feuille de route claire pour 2026. Croissance soutenue, secteur bancaire assaini et grands travaux engagés composent un récit économique que les autorités entendent inscrire dans la durée, au-delà des seules recettes pétrolières.