La plus haute juridiction du pays a tranché. Le 28 mars 2026, à Brazzaville, la Cour constitutionnelle a proclamé la réélection de Denis Sassou N’Guesso, vainqueur dès le premier tour du scrutin présidentiel organisé les 12 et 15 mars.
La décision referme une séquence électorale scrutée bien au-delà des frontières congolaises. Elle confirme un résultat déjà annoncé, mais lui donne désormais la force du droit, après l’examen des contestations déposées par un candidat malheureux.
Un score sans appel pour le président sortant
Dans sa décision n° 003/DCC/EL/PR du 28 mars 2026, la Cour fixe les chiffres officiels. Denis Sassou N’Guesso recueille 2 509 456 voix, soit 94,90 % des suffrages exprimés. Un écart abyssal le sépare de ses concurrents.
Le deuxième candidat de ce scrutin n’obtient que 1,40 % des voix, selon les données proclamées. La domination du président sortant ne laisse, sur le papier, aucune place à l’incertitude quant à l’issue de la consultation.
Le corps électoral comptait 3 155 751 inscrits. Au total, 2 681 921 d’entre eux se sont déplacés vers les bureaux de vote, portant la participation à 84,99 %. Un taux élevé, que les autorités électorales mettent volontiers en avant.
Auguste Iloki acte la victoire
C’est le magistrat Auguste Iloki, président de la Cour constitutionnelle, qui a formellement énoncé le verdict. Sa lecture a clos officiellement le processus, transformant les résultats provisoires en proclamation définitive et exécutoire.
Selon ses propres termes, le chef de l’État, ayant obtenu « plus de la majorité absolue des suffrages exprimés dès le premier tour, est déclaré élu Président de la République ». Une formule juridique qui scelle l’issue du scrutin.
La portée de cette déclaration dépasse le symbole. En droit congolais, la proclamation par la Cour constitutionnelle marque le point de départ du mandat et clôt toute possibilité de contestation ordinaire des chiffres annoncés.
Le recours de Dave Mafoula écarté
La même journée, la juridiction a examiné un autre dossier sensible. Le candidat Uphrem Dave Mafoula avait déposé une requête en annulation, espérant remettre en cause la régularité de l’ensemble du processus électoral.
La Cour n’a pas suivi cette demande. Elle a rejeté le recours, estimant que les irrégularités avancées par le requérant n’étaient pas établies. Selon sa motivation, les preuves directes et décisives faisaient défaut au dossier présenté.
Ce raisonnement renvoie à une exigence classique du contentieux électoral. Pour invalider un scrutin, il ne suffit pas d’alléguer des dysfonctionnements : encore faut-il démontrer, pièces à l’appui, qu’ils ont pu fausser le résultat proclamé.
Une décision désormais inscrite au Journal officiel
La Cour a indiqué que sa décision avait été notifiée aux parties concernées. Mafoula et les autres acteurs du scrutin ont donc reçu communication formelle du raisonnement et des conclusions retenus par les magistrats.
L’acte a également été publié au Journal officiel de la République. Cette formalité, loin d’être anodine, donne à la proclamation sa pleine valeur juridique et la rend opposable à tous, citoyens comme institutions.
Avec cette publication, la procédure entamée par les électeurs en mars trouve son aboutissement administratif. Le cycle, du dépôt des bulletins à l’officialisation des chiffres, est désormais bouclé sur le plan strictement institutionnel.
Ce que disent les chiffres du scrutin
Au-delà de la dimension politique, les données livrées par la Cour dessinent une image précise de la consultation. Un électorat de plus de trois millions d’inscrits, une mobilisation forte et un résultat très concentré sur un seul nom.
Le rapprochement entre le nombre de votants, 2 681 921, et le total des voix attribuées au vainqueur, 2 509 456, illustre l’ampleur du score. La quasi-totalité des suffrages exprimés s’est portée sur le président sortant.
Reste que ces chiffres, désormais définitifs, constituent la seule lecture officielle du scrutin. Ils serviront de référence pour toute analyse ultérieure de cette présidentielle, qu’elle vienne des observateurs, des partis ou des chercheurs.
Une page institutionnelle tournée
En proclamant ces résultats et en écartant l’unique recours déposé, la Cour constitutionnelle a refermé la phase contentieuse de l’élection présidentielle de mars 2026. Le cadre légal a été suivi jusqu’à son terme.
Pour les Congolais, urbains pressés ou observateurs attentifs, l’essentiel tient en quelques certitudes désormais gravées dans le droit : un vainqueur proclamé, un score officiel et une décision publiée. Le reste appartient au débat public.
