Au lendemain de l’investiture de Denis Sassou N’Guesso, la machine institutionnelle congolaise a tourné une page attendue. Anatole Collinet Makosso a remis les clés de la Primature, ouvrant une séquence de transition que Brazzaville suit de près.
Une démission dans les délais constitutionnels
Le 16 avril 2026, au stade de Kintélé, Denis Sassou N’Guesso a prêté serment pour un nouveau mandat. La cérémonie marquait le coup d’envoi d’un cycle politique. Dès le lendemain, le Premier ministre engageait le mouvement attendu.
Le 17 avril, Anatole Collinet Makosso a soumis sa démission, ainsi que celle de l’ensemble de son équipe gouvernementale. Le geste, conforme à l’usage après une élection présidentielle, ouvre la voie à la recomposition de l’exécutif.
C’est le ministre d’État Florent Ntsiba qui a rendu publique l’annonce, le 19 avril. Il a précisé que le gouvernement sortant resterait en place pour gérer les affaires courantes, le temps que le chef de l’État désigne le futur locataire de la Primature.
Cinq années à la tête de l’exécutif
Nommé en mai 2021, Anatole Collinet Makosso aura conduit le gouvernement durant tout le mandat précédent. Son action s’est inscrite dans le projet présidentiel « Ensemble, poursuivons la marche », feuille de route qui a cadré l’essentiel de sa gestion.
Son équipe s’était fixé douze défis majeurs. Parmi eux figuraient la relance économique en pleine crise sanitaire, l’épineux dossier des négociations avec le Fonds monétaire international et la gestion d’une série de tensions sociales.
Sur le terrain économique, le bilan retient l’achèvement du programme conclu avec le FMI, finalisé en mars 2025. Un jalon scruté à l’étranger, tant la trajectoire budgétaire du Congo-Brazzaville pesait sur sa crédibilité financière.
Le gouvernement Makosso a aussi dû composer avec un équilibre délicat du quotidien. Entre les hausses des prix du carburant et le maintien d’une certaine stabilité dans les transports, l’arbitrage social a occupé une place centrale dans son action.
Une transition aux contours encore ouverts
La démission étant désormais actée, l’attention se déplace vers le palais présidentiel. Denis Sassou N’Guesso doit nommer un nouveau Premier ministre dans les heures ou les jours à venir, selon le calendrier institutionnel habituel.
Deux scénarios restent sur la table. Le chef de l’État peut choisir une figure inédite pour incarner le renouvellement, ou opter pour la continuité en reconduisant le Premier ministre sortant à son poste.
Dans l’intervalle, la continuité de l’État est assurée. Le gouvernement démissionnaire conserve la main sur les dossiers en cours, sans pouvoir engager de réformes d’ampleur, conformément au statut d’affaires courantes.
Pour les Brazzavillois comme pour la diaspora, l’enjeu dépasse les noms. La composition du prochain cabinet livrera de premiers signaux sur les priorités du mandat qui s’ouvre, du portefeuille économique aux grands chantiers sociaux.
La nomination à venir donnera la mesure des intentions présidentielles. Reconduction ou rupture, le choix du futur Premier ministre dira beaucoup du ton que l’exécutif entend imprimer pour les prochaines années à la tête du pays.
