Dissolution du CNR: une requête portée à Brazzaville
Au Congo-Brazzaville, l’association Observatoire libre du Congo a demandé, vendredi 23 janvier, aux autorités compétentes de dissoudre le Conseil national des républicains (CNR). L’organisation affirme que cette formation resterait, selon elle, le prolongement armé de l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi.
Dans le même mouvement, l’association met en cause la candidature annoncée de Pasteur Ntumi à l’élection présidentielle prévue le 15 mars. À ce stade, la démarche prend la forme d’un appel public adressé aux institutions concernées, sur un sujet politiquement sensible dans le pays.
Pool et Mindouli: un incident sécuritaire remis au centre
Le contexte est ravivé par un incident survenu le 11 janvier à Mindouli, dans le département du Pool. Une altercation a opposé des membres de la sécurité présidentielle, la DGSP, à d’anciens miliciens ninjas liés au Pasteur Ntumi.
Selon les éléments rapportés, les tensions ont suivi la destruction de deux motos par des membres de la DGSP. Le bilan des affrontements n’est pas connu. L’épisode relance, dans l’opinion, les questions liées au désarmement, à la sécurité locale et à la stabilisation durable du Pool.
Observatoire libre du Congo: une lecture politique et sécuritaire
Pour l’Observatoire libre du Congo, le CNR ne serait pas un parti politique comme les autres. L’association soutient qu’il s’inscrit dans la continuité d’une structure plus ancienne, le Conseil national de la résistance, évoqué comme mouvement armé durant le conflit de 1998 à 2003.
Joly Assélé Ontounou, coordonnateur de l’association, estime que la transformation revendiquée vers un parti n’aurait pas été pleinement assumée. « Quelques années après, on constate, aujourd’hui, que ce Conseil national de la résistance n’a jamais assumé sa mutation en parti politique », a-t-il déclaré.
Dans son argumentation, l’association présente la dissolution comme une mesure de prudence. « D’où nous jugeons qu’il est obligatoire de dissoudre cet organe, soi-disant politique, pour ne pas masquer ses idéologies cachées », a ajouté Joly Assélé Ontounou, mettant en avant l’enjeu de clarté sur la nature réelle de la structure.
Présidentielle du 15 mars: la candidature du Pasteur Ntumi contestée
L’Observatoire libre du Congo va plus loin en demandant explicitement que la candidature de Frédéric Bintsamou ne soit pas retenue. L’association avance un argument de principe, centré sur la dignité attendue de la fonction présidentielle.
« Nous demandons la non-candidature M. Ntumi parce que ce dernier n’est pas digne. La fonction du président de la République est sacrée », a déclaré Joly Assélé Ontounou. Dans le débat public, cette prise de position s’ajoute aux interrogations qui entourent la trajectoire politique de l’ancien chef rebelle.
Réponse d’un proche: le CNR se dit en règle
Un proche du Pasteur Ntumi, s’exprimant sous anonymat, rejette les accusations et retourne la critique contre les initiateurs de la demande. Selon lui, « les responsables de cette association devraient muter leur observatoire en parti politique de la majorité ».
La même source insiste aussi sur un point administratif: « le CNR figure dans le fichier des partis politiques en règle » au Congo. Cette réponse met en avant l’existence d’un statut reconnu, laissant entendre que le débat doit se trancher sur des bases institutionnelles et juridiques.
Une question durable dans le Pool, près de Brazzaville
Depuis les affrontements de 2016 et 2017, le Pasteur Ntumi vit toujours dans son fief du Pool, à proximité de Brazzaville. Ce fait, rappelé par plusieurs observateurs, continue d’alimenter des perceptions contrastées selon les acteurs.
Dans ce dossier, deux lignes se font face: l’une insiste sur la prévention des risques et la mémoire des épisodes armés; l’autre met en avant la régularité d’un parti inscrit comme tel. La suite dépendra des appréciations des autorités compétentes, dans le respect des procédures en vigueur.
