Le handball congolais traverse une zone de turbulences. À Brazzaville, le ministre des Sports Hugues Ngouelondélé a réuni la fédération et une commission ad hoc pour recadrer une discipline sous tension et exiger le respect des textes.
Un ministre décidé à faire respecter les règles
Le 21 juillet 2026, Hugues Ngouelondélé a convoqué la direction de la Fédération congolaise de handball (Fécohand) et une commission ad hoc. Objectif affiché : apaiser des tensions qui montent depuis plusieurs semaines au sein de la discipline.
La rencontre a surtout été marquée par une absence. Les représentants du mouvement « Dynamique du réveil du handball » n’ont pas répondu présents. Le ministre n’a pas caché son agacement face à cette chaise vide.
« Tout le monde était invité. Pourquoi ne sont-ils pas dans la salle aujourd’hui ? C’est un manque de respect » (adiac-congo.com), a-t-il lancé, visiblement contrarié par le boycott du dialogue qu’il proposait.
La légitimité de la Fécohand au cœur du débat
Pour Ngouelondélé, la direction fédérale en place ne souffre d’aucune contestation. Il rappelle que les élections de 2025 se sont tenues sous la supervision de la Fédération internationale de handball, garante de leur régularité.
Étaient également présents des délégués du ministère des Sports et du Comité olympique national. Autant de témoins qui, selon le ministre, valident la légitimité de l’équipe dirigeante actuelle et rendent toute remise en cause difficile à justifier.
La fédération refuse de parler de crise
Du côté de la Fécohand, le ton se veut rassurant. Le secrétaire général Édouard Sah conteste l’idée d’une crise institutionnelle et préfère parler d’une situation gérable, loin des scénarios alarmistes agités ces derniers jours.
« La Fédération fonctionne normalement. Les clubs sanctionnés doivent simplement suivre les procédures réglementaires » (adiac-congo.com), explique-t-il. Une manière de renvoyer les mécontents vers les textes plutôt que vers la contestation ouverte.
La commission ad hoc réunie autour du ministre a précisément vocation à examiner ces tensions. Sa mission : passer au crible les griefs, trancher les différends et proposer un cadre susceptible de ramener la sérénité dans la gestion du handball national.
Un mouvement dissident dans le viseur du ministre
Frustré par le refus du camp adverse de s’asseoir à la table, le ministre a durci le propos. Il dit vouloir en finir avec ceux qui, selon lui, entretiennent volontairement le désordre dans la discipline.
« Nous ne tolérerons plus des marionnettes qui sèment le désordre. Personne, moi y compris, n’est au-dessus de la loi » (adiac-congo.com), a-t-il averti, posant les limites d’une patience désormais entamée.
Ngouelondélé est allé plus loin en suggérant que des militaires se trouveraient derrière le mouvement dissident. « Le handball n’est pas l’armée » (adiac-congo.com), a-t-il tranché, revendiquant une application stricte de la réglementation sportive.
Un appel à l’impartialité pour dénouer les tensions
Au-delà des passes d’armes, une autre voix se fait entendre. Un appel à l’impartialité a été lancé pour parvenir à une issue consensuelle à la crise, comme le relaie un reportage de Vox Congo (vox.cg).
Cet appel plaide pour une sortie négociée, où chaque partie serait entendue sans parti pris. Une approche qui contraste avec la fermeté ministérielle et rappelle que le dialogue reste, pour beaucoup, la clé du problème.
Vers une sortie de crise par les textes
Entre l’autorité affichée du ministre et les appels à la conciliation, le handball congolais cherche encore son équilibre. La Fécohand mise sur le respect des procédures, quand ses détracteurs réclament davantage d’écoute.
Le message ministériel se veut sans ambiguïté : nul ne saurait s’affranchir des règles, quel que soit son poids ou ses appuis supposés. Une ligne ferme que Ngouelondélé assume publiquement, quitte à froisser certains acteurs.
Reste à savoir si le rappel à l’ordre suffira à ramener tout le monde autour de la table. À Brazzaville, la balle est désormais dans le camp d’un mouvement dissident sommé de choisir entre le dialogue et l’isolement.
