La lutte contre le paludisme au Congo-Brazzaville vient de franchir une étape administrative discrète, mais décisive. Après avoir distribué gratuitement plus de trois millions de moustiquaires imprégnées, les autorités sanitaires et leurs partenaires ont voulu vérifier, chiffres à l’appui, que chaque unité a bien suivi son parcours.
Un atelier de trois jours à Brazzaville
Du 3 au 5 août 2026, Catholic Relief Services (CRS) a réuni à Brazzaville les acteurs de la campagne. L’organisation travaillait aux côtés du ministère de la Santé et de la Population et du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).
L’objectif de ces trois journées tenait en une phrase : valider le bilan logistique de l’opération. Car une distribution de masse ne se juge pas seulement au nombre de moustiquaires remises aux ménages, mais aussi à la traçabilité des mouvements de stock qui l’accompagnent.
3 138 400 moustiquaires au cœur du bilan
Le chiffre donne la mesure de l’effort déployé. Ce sont exactement 3 138 400 moustiquaires qui ont été remises gratuitement aux familles congolaises, dans le cadre d’une campagne pensée pour couvrir l’ensemble du territoire national.
Ces protections ne sont pas de simples voiles. Il s’agit de MILDA, des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action, conçues pour conserver leur effet protecteur dans le temps et éloigner les piqûres responsables de la transmission du paludisme.
Pourquoi la logistique décide du succès
La qualité de la gestion logistique conditionne, en effet, l’acheminement effectif des moustiquaires jusqu’aux ménages les plus reculés. C’est souvent sur ce dernier maillon, entre l’entrepôt départemental et le domicile, que se joue la réussite ou l’échec d’une opération de prévention.
D’où l’importance accordée au suivi des stocks. Une moustiquaire comptabilisée à la réception, mais introuvable à la sortie, révèle une faille qu’il faut pouvoir identifier, expliquer et corriger avant la campagne suivante.
Dix-sept gestionnaires pour fiabiliser les stocks
Dix-sept gestionnaires d’entrepôts départementaux ont pris part aux travaux. Leur mission consistait à rapprocher les données de stock et à vérifier les mouvements enregistrés dans chaque département, afin de reconstituer une image cohérente de la campagne à l’échelle nationale.
Ce travail de fourmi supposait de confronter des sources d’information parfois éparses. Chaque département apportait ses propres registres, qu’il fallait harmoniser pour obtenir un tableau d’ensemble fiable et lisible.
Des documents passés au crible
Concrètement, l’atelier a examiné les bordereaux de réception, les documents d’expédition, les fiches d’inventaire et les pièces justificatives. Cet exercice minutieux visait à garantir la cohérence des données entre les différents départements.
Il s’agissait, en somme, de vérifier que les entrées et les sorties concordaient, et que rien ne manquait au bilan. Une méthode exigeante, plus proche de la comptabilité que du terrain, mais indispensable à la crédibilité de la campagne.
Un premier rapport logistique consolidé
De cette confrontation des chiffres est né un document inédit : le premier rapport logistique consolidé de l’histoire des campagnes de distribution de masse de moustiquaires au Congo. Il rassemble en un seul cadre des données jusque-là dispersées entre les entrepôts.
Cette documentation standardisée servira de référence pour les futures opérations de prévention du paludisme. Selon les organisateurs, elle s’inscrit dans une démarche de transparence et d’optimisation des ressources mobilisées au service des populations.
Un enjeu de santé publique majeur
Derrière ces tableaux et ces fiches d’inventaire, l’enjeu demeure avant tout sanitaire. Le paludisme reste une menace de santé publique majeure dans la région, et la moustiquaire imprégnée figure parmi les outils de prévention les plus accessibles aux ménages.
En consolidant son bilan logistique, la République du Congo cherche moins à célébrer un chiffre qu’à sécuriser une méthode. La prochaine campagne pourra ainsi s’appuyer sur des procédures éprouvées, au service de la protection des Congolais contre le paludisme.
