Présidentielle 2026 : Sassou N’Guesso salue Ayessa à Owando
À une semaine du scrutin présidentiel du 15 mars 2026, le candidat sortant Denis Sassou N’Guesso a fait étape dans la Cuvette. À Owando, le 8 mars, sa campagne a commencé par un hommage avant les discours électoraux.
Devant les populations venues l’écouter, le chef de l’État a interrompu le déroulé habituel d’un meeting. Il a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en mémoire d’un proche collaborateur, le ministre d’État Firmin Ayessa.
Une minute de silence pour un ancien directeur de campagne
Firmin Ayessa est décédé le 17 février 2026 à Istanbul. Sa disparition a laissé un vide dans l’entourage politique du président sortant, à quelques semaines seulement de l’échéance électorale qui mobilise aujourd’hui les principaux acteurs du pays.
En s’adressant à la foule de la Cuvette, Denis Sassou N’Guesso a tenu à rappeler le parcours de celui qu’il a décrit comme un « combattant de première ligne ». La formule, brève, résume le rôle prêté au défunt dans les batailles politiques menées ces dernières années.
Le candidat a rattaché ce souvenir à l’élan de sa campagne. « Nous poursuivons le combat », a-t-il lancé, avant de marquer le temps de recueillement. La phrase relie l’hommage personnel à la dynamique collective que le camp présidentiel cherche à entretenir.
Le poids d’un cadre du PCT
Membre du bureau politique du Parti congolais du travail, Firmin Ayessa occupait une position de premier plan dans l’appareil de la formation au pouvoir. Selon le président sortant, il s’était imposé comme un acteur central lors des affrontements politiques internes.
Au-delà des arènes partisanes, son nom restait associé aux campagnes publiques du chef de l’État. Denis Sassou N’Guesso a rappelé qu’Ayessa « avait été directeur de campagne », fonction qui l’avait placé au cœur de l’organisation électorale du camp présidentiel.
Pour la présidentielle en cours, le ministre d’État s’était vu confier un rôle précis. Il devait agir comme conseiller spécial et coordonner la campagne à Makoua, localité de la Cuvette. Sa disparition a privé l’équipe d’un relais expérimenté sur ce terrain.
Owando, étape d’une tournée vers Oyo
Le passage à Owando s’inscrit dans une séquence plus large. Après cette rencontre avec les habitants de la Cuvette, le candidat sortant devait poursuivre sa tournée en direction d’Oyo, autre point d’ancrage de son itinéraire de campagne dans la région.
La Cuvette constitue un département familier pour le chef de l’État, qui y multiplie les contacts à l’approche du vote. Le choix d’ouvrir le meeting par un hommage donne le ton d’une campagne qui mêle proximité locale et mémoire des compagnons de route.
Les échanges relatifs au prochain scrutin ont suivi ce moment de recueillement. Le candidat a ainsi articulé deux temps distincts : la reconnaissance d’un collaborateur disparu, puis la mobilisation des électeurs autour de son projet pour les années à venir.
Une campagne marquée par l’absence d’un proche
L’épisode d’Owando illustre la manière dont la disparition de Firmin Ayessa pèse sur le déroulement de cette présidentielle. Annoncé comme acteur de la campagne, il en est devenu une figure évoquée à la tribune plutôt qu’un organisateur de terrain.
En faisant de cet hommage le préambule de son discours, Denis Sassou N’Guesso a inscrit la mémoire de son ancien directeur de campagne dans le récit de sa propre candidature. Le geste, public, vise autant à honorer le défunt qu’à souder son camp.
La suite de la tournée, orientée vers Oyo, devait permettre au candidat de poursuivre ses rencontres avant le rendez-vous électoral du 15 mars. Dans la Cuvette comme ailleurs, la campagne avançait, sans le concours de celui qui devait en être l’un des relais.
Reste que cet hommage public, observé par une assistance attentive, restera l’un des moments forts de cette étape. Il rappelle combien les trajectoires individuelles se mêlent aux échéances collectives dans la dernière ligne droite d’une présidentielle (Journal de Brazza).
