À la veille du scrutin du 15 mars, Denis Sassou N’Guesso a referme sa campagne par un appel à hâter le développement du Congo-Brazzaville. Devant ses partisans à Brazzaville, le candidat de la majorité présidentielle a posé les jalons d’un mandat qu’il veut plus rapide.
Un meeting de clôture sous le signe de la vitesse
Le 13 mars, le candidat a achevé sa tournée nationale dans la capitale congolaise. Partie du département du Kouilou, la campagne a balayé l’ensemble des départements avant ce dernier rassemblement, à deux jours de la présidentielle du 15 mars.
Le ton se voulait celui du bilan assumé et de la relance. « Voilà pourquoi nous avons dit qu’il faut accélérer la marche », a lancé Denis Sassou N’Guesso devant la foule, résumant en une formule l’esprit de son projet de société.
« Accélérons la marche vers le développement »
Le programme porte ce nom revendiqué. Le candidat reconnaît que certains chantiers du précédent mandat ont buté sur des obstacles, sans renoncer à la trajectoire fixée.
« Les actes ont été posés au cours du dernier mandat, quelques-uns ont été entravés par des difficultés, mais le cap a été maintenu. Il faut avancer un peu plus vite », a-t-il soutenu. La phrase trace la ligne d’un second souffle promis aux électeurs.
Maloukou et Pointe-Noire au cœur de l’emploi des jeunes
Deux décisions concrètes ont structuré le discours économique. La première vise à accélérer les travaux de la zone industrielle de Maloukou, présentée comme un gisement de milliers d’emplois destinés à la jeunesse congolaise.
La seconde concerne la zone économique spéciale de Pointe-Noire. Les industries qui choisiront de s’y implanter devront, selon le candidat, générer des emplois pour les jeunes et les familles. Le littoral et l’arrière-pays brazzavillois sont ainsi placés en miroir.
Ce double ancrage géographique répond à une attente forte chez les 16-45 ans urbains, premiers concernés par le chômage. La création d’emplois locaux demeure un marqueur central des promesses de campagne au Congo-Brazzaville.
L’agriculture et la transformation locale en ligne de mire
Au-delà de l’industrie, le candidat a insisté sur la mécanisation agricole à grande échelle. L’objectif affiché est de sortir d’une agriculture artisanale pour gagner en volume et en rendement sur le territoire national.
Les coopératives et les producteurs individuels figurent parmi les bénéficiaires annoncés de ce soutien. Le discours évoque aussi la transformation agro-industrielle sur place, façon de capter localement la valeur ajoutée plutôt que de l’exporter brute.
Cette orientation s’inscrit dans une logique de souveraineté alimentaire souvent rappelée dans le débat public. Reste à en mesurer les effets concrets, une fois le scrutin passé et le prochain gouvernement formé.
Digitalisation des régies financières et lutte contre la corruption
Le volet administratif n’a pas été oublié. Le prochain gouvernement mettra l’accent sur la digitalisation des régies financières et de l’ensemble des administrations publiques, selon les engagements pris lors du meeting.
Moderniser la collecte et le suivi des recettes répond à un double enjeu : améliorer le service rendu et réduire les marges d’opacité. La promesse touche directement les professionnels du privé comme de la fonction publique.
Sur la corruption et l’indiscipline, le candidat a plaidé pour la fermeté. Il a souligné la nécessité d’exemples pour que, selon ses mots, « d’autres fassent attention ». Une mise en garde adressée aux administrations.
La paix érigée en « conquête permanente »
Le climat politique a aussi été abordé par l’entourage du candidat. Le directeur national de campagne, Pierre Moussa, a tenu à inscrire la stabilité au rang des priorités, dans un pays attentif à sa cohésion.
« Denis Sassou N’Guesso est un homme qui sait que la paix n’est pas un slogan, mais une conquête permanente », a déclaré Pierre Moussa. La formule scelle le message final d’une campagne misant autant sur la sécurité que sur l’économie.
Cap sur le 15 mars
À l’issue de ce meeting, l’équipe du candidat a refermé une séquence électorale étalée sur tous les départements. Les promesses d’emplois, d’agriculture modernisée et d’administration numérisée constituent l’ossature du contrat proposé aux Congolais.
Le verdict des urnes, attendu au scrutin du 15 mars, dira si ce projet d’accélération aura convaincu un électorat en quête de résultats tangibles. Pour l’heure, le candidat a posé sa feuille de route et fixé le tempo.