Au stade de Kintélé, dans le département de Brazzaville, Denis Sassou N’Guesso a prêté serment le 16 avril. Devant une dizaine de chefs d’État et de gouvernement, le président entame officiellement un nouveau mandat de cinq ans.
Un serment prononcé devant des milliers de Congolais
La scène s’est jouée au stade de Kintélé, commune du département de Brazzaville. C’est là que le président de la République, Denis Sassou-N’Guesso, a prêté le serment consacré, le 16 avril, devant une assistance dense et attentive.
L’audience solennelle a été présidée par le président de la Cour constitutionnelle, Auguste Iloki. Invité à prononcer la formule rituelle, le chef de l’État s’est engagé à respecter et à faire respecter la Constitution du pays.
L’engagement ne s’est pas arrêté là. Denis Sassou N’Guesso a également promis de défendre l’intégrité du territoire national et de veiller à l’application de la justice. Des mots attendus, pesés, qui ouvrent un cycle politique de cinq années.
Une dizaine de chefs d’État pour témoins
L’événement a pris une dimension nettement continentale. Plusieurs présidents africains avaient fait le déplacement jusqu’à Brazzaville pour honorer la cérémonie, signe de l’ancrage diplomatique recherché par les autorités congolaises.
Parmi les hôtes figuraient le président de l’Angola, Joao Laurenço, celui de la Gambie, Adama Barrou, des Comores, Azali Assoumani, et de la République centrafricaine, Faustin Archange Touadéra. Le Rwanda était représenté par Paul Kagame.
La liste s’est encore allongée avec Evariste Ndayishimye, président du Burundi, et Jean Lucien Sari Tové, pour la République du Togo. Autant de visages connus de la scène régionale réunis le même jour à Kintélé.
À leurs côtés se tenaient Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon, Félix Antoine Nshisekedi Tshilombo, pour la République démocratique du Congo, et John Dramani Mahama, président du Ghana. Une mosaïque de voisinages et d’alliances.
La mémoire des anciens dirigeants
Au-delà des dirigeants en exercice, la cérémonie a aussi réuni d’anciens chefs d’État. Leur présence donnait au rendez-vous une épaisseur historique, comme un passage de relais symbolique entre générations politiques africaines.
Thomas Boni Yayi, ancien président du Bénin, et Joaquim Chissano, qui dirigea le Mozambique, ont ainsi pris part à l’événement. Leur déplacement souligne le poids des réseaux personnels tissés au fil des décennies par le pouvoir congolais.
L’assistance ne se limitait toutefois pas au continent africain. Des représentants des États européens, asiatiques et américains s’étaient également joints au cortège des invités, élargissant la portée diplomatique de la journée.
Un mandat adossé au scrutin de mars
L’investiture s’inscrit dans le prolongement direct de l’élection présidentielle. Avant le serment, les résultats du scrutin ont été rappelés à l’assistance, comme un préalable institutionnel à la prise de fonction du président réélu.
Selon ces chiffres, Denis Sassou N’Guesso a recueilli 94,90 % des suffrages exprimés. Le vote s’était tenu les 12 et 15 mars, ouvrant la voie à la séquence protocolaire qui a culminé un mois plus tard à Kintélé.
À cette occasion, la Cour constitutionnelle a élevé le chef de l’État congolais au grade de très grand maître des ordres nationaux. Une distinction qui accompagne, sur le plan honorifique, le démarrage de ce nouveau quinquennat.
Une chorégraphie protocolaire millimétrée
Le décorum a tenu une place centrale dans le déroulé de la journée. Vingt et un coups de canon ont retenti, marquant solennellement le moment où le président entrait pleinement dans ses nouvelles fonctions constitutionnelles.
Sont ensuite venues les félicitations. Les homologues présents, les représentants des États conviés et les corps constitués se sont succédé pour saluer le chef de l’État, dans une séquence d’usage qui prolonge la solennité du serment.
Une parade militaire a finalement clôturé la cérémonie. Devant la foule rassemblée et les délégations étrangères, le défilé a refermé une journée pensée comme une démonstration d’ordre, de continuité et de stabilité institutionnelle (ACI).
Le rendez-vous de Kintélé restera donc comme un temps fort du calendrier politique congolais. Entre serment, distinction honorifique et présence de pairs venus de tout le continent, il scelle l’ouverture d’un nouveau mandat de cinq ans.