Close Menu
    Articles les plus lus

    Congo : les enseignants communautaires haussent le ton

    01/08/2026

    Congo : la jeunesse à l’école des emblèmes nationaux

    01/08/2026

    RDC-Congo : le nouvel ambassadeur reçu à Brazzaville

    31/07/2026
    En direct depuis Brazzaville :
    • Congo : les enseignants communautaires haussent le ton
    • Congo : la jeunesse à l’école des emblèmes nationaux
    • RDC-Congo : le nouvel ambassadeur reçu à Brazzaville
    • Coupes d’Europe : Ovouka porte les Diables rouges
    • Handball : Ekoungoulou aux commandes de la Cuvette
    • Insertion : 2 256 jeunes formés reçoivent leur sésame
    • Mikalou : le pont anti-inondations sort enfin de terre
    • Congo : l’État muscle ses stades et académies
    brazza-24.combrazza-24.com
    • Accueil
    • Politique
    • Économie
    • Culture
    • Éducation
    • Environnement
    • Santé
    • Sport
    brazza-24.combrazza-24.com
    Accueil»Politique»UEMOA : duel feutré Abidjan-Ouagadougou, une intégration sous anesthésie
    Politique

    UEMOA : duel feutré Abidjan-Ouagadougou, une intégration sous anesthésie

    Publié par Solange Mavoungou04/07/2025
    Facebook Twitter Pinterest LinkedIn WhatsApp Reddit Tumblr Email
    Partagez
    Facebook Twitter LinkedIn Pinterest Email

    Une organisation régionale en apnée institutionnelle

    Promue dès 1994 comme pivot de la stabilité macroéconomique ouest-africaine, l’Union économique et monétaire ouest-africaine traverse aujourd’hui l’une des séquences les plus délicates de son histoire. La présidence tournante du Conseil des ministres, organe moteur des arbitrages budgétaires, aurait dû revenir en juillet à Rotabouma Gnankambary, ministre burkinabè de l’Économie. Or, selon plusieurs diplomates, Abidjan estime que l’actuel contexte sécuritaire au Burkina Faso ne garantit pas « la sérénité nécessaire à la conduite des dossiers stratégiques » (source diplomatique ivoirienne).

    Le refus ivoirien, relayé par le président Alassane Ouattara lui-même lors d’un échange téléphonique avec le gouverneur de la BCEAO, a surpris nombre de capitales régionales, habituées à des transitions protocolaires quasi automatiques. La suspension de la réunion ministérielle du 11 juillet, faute de consensus sur le fauteuil de président, cristallise ainsi un bras de fer où le juridique, le politique et le psychologique s’enchevêtrent.

    Abidjan invoque la rigueur économique et la crédibilité des marchés

    Porte d’entrée de près de 40 % des exportations de l’Union, la Côte d’Ivoire a forgé son argumentaire sur la primauté de la crédibilité financière. L’entourage du chef de l’État rappelle que le pays a réussi, en pleine tourmente post-Covid, une émission euro-obligataire sursouscrite, exploit qu’il juge incompatible avec une présidence régionale détenue par un partenaire encore classé en catégorie de risque élevé par plusieurs agences de notation. Pour Abidjan, préserver la réputation collective de l’UEMOA auprès des investisseurs internationaux impose un leadership perçu comme « robuste et maîtrisant les fondamentaux ».

    Ces réserves s’accompagnent d’un calcul interne : le Trésor ivoirien prépare pour le dernier trimestre une nouvelle sortie sur les marchés, dont le succès dépendrait fortement de l’homogénéité du message porté par l’Union. La crispation prend ainsi des accents d’arbitrage financier, allant au-delà d’une simple querelle protocolaire.

    Le Burkina Faso cherche une légitimité régionale face au défi sécuritaire

    À Ouagadougou, où le capitaine Ibrahim Traoré affirme vouloir replacer le pays au cœur des dynamiques régionales malgré la lutte contre les groupes armés, la décision ivoirienne est perçue comme une mise à l’écart injustifiée. Un conseiller économique burkinabè estime que « refuser la présidence à un État qui se bat contre le terrorisme revient à fragiliser l’idée même de solidarité communautaire ».

    Au-delà de l’honneur diplomatique, la présidence du Conseil des ministres aurait offert à Ouagadougou l’opportunité de peser sur les politiques de sécurisation des corridors commerciaux et d’obtenir un soutien renforcé pour le financement des Forces de défense. En coulisses, le gouvernement burkinabè multiplie les consultations, notamment auprès de Bamako et Niamey, afin de constituer un bloc de soutien qui relativiserait le poids ivoirien.

    La BCEAO arbitre dans la discrétion confraternelle

    Siège historique de la Banque centrale à Dakar, couloirs feutrés, agenda serré : le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou cherche un compromis permettant d’éviter une paralysie budgétaire. La signature conjointe du président du Conseil des ministres est indispensable à la validation de plusieurs programmes, dont la mise en circulation de la nouvelle série de billets et la finalisation du Fonds régional de stabilisation des matières premières.

    Interrogé sous couvert d’anonymat, un haut cadre de la Banque estime que « la règle d’alternance doit être respectée, mais rien n’interdit de différer la prise de fonction ou de désigner un président intérimaire consensuel ». L’option, examinée par la Commission de l’UEMOA, maintiendrait la légalité institutionnelle tout en donnant à Ouagadougou un signal d’inclusion, sans compromettre, selon Abidjan, la lisibilité financière de l’Union.

    Gestion des perceptions internationales et risques de contagion

    Dans les chancelleries occidentales, la tension Abidjan-Ouagadougou est scrutée avec une attention particulière. Plusieurs analystes redoutent qu’une escalade nuise à la réforme attendue du franc CFA, dossier déjà complexe depuis l’annonce du passage à l’éco par la CEDEAO. Un partenaire européen confie que « la moindre rupture de la gouvernance collégiale peut raviver le débat sur la soutenabilité du régime de change fixe ».

    Plus à l’est, Abuja observe également la controverse : le Nigéria, qui défend un modèle d’intégration monétaire plus large, voit dans le blocage actuel un exemple des fragilités inhérentes à une union où la puissance relative d’un État – en l’occurrence la Côte d’Ivoire – peut geler l’ensemble du processus décisionnel. L’issue de l’impasse pèsera donc sur les débats futurs relatifs à l’élargissement monétaire.

    Faibles marges de manœuvre politiques, nécessité de compromis stratégique

    Ni Abidjan ni Ouagadougou n’ont intérêt à transformer le différend en crise ouverte. Le corridor ivoirien demeure vital pour les importations burkinabè, tandis que la sécurité de ce corridor dépend du partage de renseignements avec les Forces armées du Burkina. De part et d’autre, l’interdépendance économique et sécuritaire constitue un facteur puissant d’incitation au dialogue.

    Dans ce contexte, une médiation interne confiée au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye est évoquée. Son profil, à la fois nouveau et acceptable par les deux capitales, pourrait faciliter un arrangement qui baptiserait un président de session par intérim, jusqu’à ce que les conditions politiques jugées « adéquates » par Abidjan soient réunies pour un passage de témoin complet.

    Vers une sortie graduée de crise

    À la date de rédaction de ces lignes, plusieurs sources proches du dossier indiquent qu’un compromis verbal se dessine : le Burkina Faso se verrait confier la vice-présidence, avec la garantie d’un accès étendu aux travaux préparatoires, tandis qu’un ministre ivoirien assurerait la présidence par intérim pour une durée de six mois renouvelables une fois.

    Cette architecture transitoire permettrait de sauver la face des deux parties et, surtout, de relancer les dossiers budgétaires indispensables à la fin d’exercice. Reste à savoir si la montée des incertitudes sécuritaires dans le Sahel, la volatilité des marchés de matières premières et les agendas électoraux nationaux ne viendront pas, à terme, remettre en question la fragile entente.

    L’Union à la croisée des chemins

    Au-delà de l’épisode Abidjan-Ouagadougou, l’UEMOA se trouve confrontée à un défi existentiel : concilier un narratif d’intégration solidaire avec la réalité d’asymétries croissantes entre ses membres. La gouvernance économique ne peut demeurer crédible que si la dimension politique conserve un minimum de prévisibilité. Le bras de fer actuel agit ainsi comme un électro-choc, rappelant que la monnaie commune ne soude pas automatiquement les intérêts nationaux.

    En filigrane, une évidence s’impose : la stabilité future de l’Union passera moins par des clauses protocolaires que par une volonté renouvelée de partage de souveraineté. Les capitales ouest-africaines disposent encore des ressorts diplomatiques pour éteindre la querelle, à condition de réinventer des mécanismes de confiance mutuelle. C’est sur ce terrain, et non dans les seules salles des marchés, que se joue le véritable destin de l’intégration régionale.

    Partagez. Facebook Twitter Pinterest LinkedIn Tumblr Telegram Email
    Article PrécédentAutopsie diplomatique d’un faux Standard kenyan et des dérives infox africaines
    Article Suivant Le Caire, nouveau « Omdourman-sur-Nil » : la débrouille soudanaise en exil

    Articles sur le même thème

    Congo : la jeunesse à l’école des emblèmes nationaux

    01/08/2026

    RDC-Congo : le nouvel ambassadeur reçu à Brazzaville

    31/07/2026

    Retraites au Congo : le CESE propose quatre remèdes

    15/07/2026
    Articles Récents

    Congo : les enseignants communautaires haussent le ton

    01/08/20260

    Congo : la jeunesse à l’école des emblèmes nationaux

    01/08/20260

    RDC-Congo : le nouvel ambassadeur reçu à Brazzaville

    31/07/20260

    Coupes d’Europe : Ovouka porte les Diables rouges

    30/07/20260

    Handball : Ekoungoulou aux commandes de la Cuvette

    30/07/20260

    Insertion : 2 256 jeunes formés reçoivent leur sésame

    30/07/20260

    Mikalou : le pont anti-inondations sort enfin de terre

    29/07/20260

    Congo : l’État muscle ses stades et académies

    28/07/20260

    MLG Mochristo fête 23 ans de scène à Loandjili

    28/07/20260

    Diaspora congolaise : Mantsounga marque face à l’OM

    27/07/20260
    Informations
    Informations

    Brazza-24.com vous propose un regard frais et local sur les tendances, modes de vie, initiatives citoyennes et cultures urbaines qui façonnent le quotidien au Congo-Brazzaville. Cette section est conçue pour explorer les sujets qui vous touchent, au cœur de la société congolaise contemporaine.

    Nous sommes ouverts à de nouveaux partenariats et collaborations éditoriales.

    RSS
    Choix de la Rédaction

    Congo : les enseignants communautaires haussent le ton

    01/08/2026

    Congo : la jeunesse à l’école des emblèmes nationaux

    01/08/2026

    RDC-Congo : le nouvel ambassadeur reçu à Brazzaville

    31/07/2026
    Articles Populaires

    Coupes d’Europe : Ovouka porte les Diables rouges

    30/07/2026

    Handball : Ekoungoulou aux commandes de la Cuvette

    30/07/2026

    Insertion : 2 256 jeunes formés reçoivent leur sésame

    30/07/2026
    © 2026 Brazza24 - L'Actu du Congo-Brazzaville 24h/24
    • Accueil
    • Fact-Checking
    • Politique de Confidentialité
    • Contactez Brazza24

    Tapez ci-dessus et appuyez sur Entrée pour rechercher. Appuyez sur Échap pour annuler.