Après des mois d’incertitude et de batailles de procédure, le cyclisme congolais s’est enfin donné un nouveau capitaine. Le 19 avril, l’assemblée générale de la Fédération congolaise de cyclisme (Fécocy) a porté Seznec Brazzainza Mounguiti à sa présidence, ouvrant une page que beaucoup espèrent plus apaisée.
Une élection à l’unanimité au siège du Cnosc
La rencontre décisive s’est tenue dans la salle du Comité national olympique et sportif congolais (Cnosc), à Brazzaville. Sur les vingt-trois électeurs attendus, dix-sept ont fait le déplacement. Tous ont accordé leur voix au même homme.
Ce vote sans la moindre dissonance tranche avec le climat qui régnait jusque-là. Seznec Brazzainza Mounguiti succède ainsi à Ruffin Bakouetana, à la tête d’une discipline qui cherchait depuis longtemps à retrouver une direction claire et reconnue par tous ses acteurs.
La fin d’un long bras de fer institutionnel
L’arrivée du nouveau président referme surtout une séquence éprouvante. La Fécocy avait traversé une période de turbulences répétées, ponctuée de multiples procédures portées devant la Chambre de conciliation et d’arbitrage du sport.
Le calendrier électoral lui-même portait la trace de ces tensions. Prévu d’abord le 8 mars, le scrutin avait été repoussé au 29 mars, avant d’être finalement fixé au 19 avril. Chaque report prolongeait l’attente des passionnés.
Cet aboutissement met donc un terme à des semaines d’incertitude. Pour les amateurs de la petite reine, le vote du 19 avril sonne comme un signal : la fédération peut désormais tourner son regard vers le terrain plutôt que vers les salles d’arbitrage.
Un héritier du vélo aux commandes
Le profil du nouveau dirigeant n’est pas anodin. Seznec Brazzainza Mounguiti est fils d’un ancien cycliste, un lien personnel qu’il revendique sans détour pour expliquer son attachement à cette discipline souvent reléguée au second plan.
« Je suis un produit du cyclisme, puisque mon père a tout réalisé grâce à ce sport », a-t-il confié après son élection. Cette filiation nourrit son ambition affichée : il veut voir le vélo congolais « renaître de ses cendres », sur la scène nationale comme à l’international.
Derrière la formule, on devine une volonté de réconcilier une fédération longtemps divisée. Le ton choisi, plus rassembleur que triomphal, paraît mesuré au regard des fractures que la discipline vient de surmonter.
Un appel immédiat à l’unité
Dès ses premiers mots, le président élu a tendu la main à l’ensemble des acteurs. « Maintenant que je suis élu, je travaillerai avec tout le monde », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de dépasser les anciennes querelles.
Sa feuille de route s’articule autour d’une priorité clairement énoncée. « Nous devons organiser des courses régulièrement et relancer le Tour du Congo pour ne pas décevoir nos autorités et les entreprises qui pourraient nous soutenir », a-t-il poursuivi.
La mention des partenaires économiques n’est pas fortuite. Sans soutien financier durable, l’organisation de compétitions reste un exercice fragile. Le nouveau président semble en avoir pleinement conscience dès son entrée en fonction.
Le Tour du Congo en ligne de mire
Parmi les chantiers évoqués, la relance du Tour du Congo occupe une place centrale. Épreuve emblématique, elle cristallise les espoirs d’un retour du cyclisme national parmi les rendez-vous sportifs qui comptent dans le pays.
Pour y parvenir, Seznec Brazzainza Mounguiti mise sur une approche structurée. Son programme prévoit la mise en place d’un calendrier national de compétitions régulier, condition jugée indispensable pour entretenir le niveau des coureurs et l’intérêt du public.
L’enjeu dépasse la seule organisation d’événements. Il s’agit de redonner une régularité à une discipline qui a souffert de l’irrégularité de ses rendez-vous, faute d’une gouvernance stable ces dernières années.
Formation et partenariats au cœur du projet
Au-delà des courses, le nouveau président entend agir sur les fondations. Son projet inclut l’organisation de séminaires de formation destinés aux athlètes, aux entraîneurs et aux techniciens, dans l’idée de consolider le savoir-faire local.
L’établissement de partenariats stratégiques complète cette ambition. En cherchant à élargir le cercle des soutiens, la fédération espère sécuriser les moyens nécessaires à ses futures compétitions et à l’encadrement de ses sportifs.
La présence du ministère des Sports, représenté par Anna Moungala lors de l’assemblée, témoigne par ailleurs de l’attention portée par les autorités à ce renouveau. Reste désormais à transformer les intentions en résultats concrets sur les routes congolaises. (Adiac Congo)