Cinq coureurs s’apprêtent à écrire une page inédite du sport congolais. Le 12 juillet, ils quitteront la mairie de Brazzaville pour rejoindre Pointe-Noire à pied, un périple de 582 kilomètres avalé en seulement neuf jours le long de la route nationale 1.
L’initiative porte la signature de l’Association multisport lion d’or, qui a lancé le compte à rebours. Son président, Josée Cyr Ebina, en a dévoilé les contours lors d’une conférence de presse tenue le 4 juillet dans la capitale congolaise.
Un défi baptisé « Année zéro »
Cette toute première édition avance sous le nom « Année zéro ». L’appellation n’a rien d’anodin : elle traduit la volonté des organisateurs de tester grandeur nature un concept encore jeune, avant d’envisager toute ouverture au public.
« Il est hors de question d’envoyer des gens sur un terrain que nous ne maîtrisons pas. Nous voulons d’abord expérimenter ce concept nous-mêmes », a résumé Josée Cyr Ebina. Une prudence assumée, qui place la sécurité des futurs participants au cœur de la démarche.
Si l’expérience convainc, le rendez-vous pourrait s’élargir dès l’an prochain à un plus grand nombre de coureurs. Cette édition fait donc figure de laboratoire, destiné à roder l’organisation et à mesurer les contraintes réelles du terrain.
Mfoa-Ndjindji, deux villes reliées par la marche
Le nom de l’épreuve puise dans la mémoire du pays. Mfoa désigne Brazzaville et Ndjindji Pointe-Noire, les appellations traditionnelles des deux principales métropoles congolaises. En reliant ces deux pôles, l’événement tisse un lien symbolique entre le nord et le sud du littoral.
Le tracé impose un rythme soutenu. Pour boucler les 582 kilomètres, chaque participant devra couvrir en moyenne près de 70 kilomètres par jour. Un volume kilométrique qui relève de l’ultra-endurance et exige une préparation méticuleuse.
L’effort ne se limite pas à la distance. La chaleur, le relief et la fatigue accumulée transforment ce raid en véritable épreuve de résistance mentale autant que physique, sur une durée de neuf jours consécutifs.
Un itinéraire à travers plusieurs départements
Le parcours ne se contente pas de relier deux villes. Il traverse une succession de localités et de départements qui dessinent une véritable colonne vertébrale du territoire congolais, du plateau jusqu’à la façade atlantique.
Parmi les étapes annoncées figurent Kintélé, Ignié et Djoué-Léfini, avant que la course ne s’enfonce vers le Pool. Le tracé se poursuit ensuite par la Bouenza, le Niari et enfin le Kouilou, aux portes de Pointe-Noire.
Cette diversité géographique n’est pas un simple décor. Elle donne à l’épreuve une dimension nationale, chaque département traversé devenant une vitrine potentielle pour les populations locales et les curieux installés le long du parcours.
La route nationale 1 en vitrine touristique
Au-delà de la performance athlétique, l’ambition affichée dépasse le seul cadre sportif. Les organisateurs veulent transformer la route nationale 1 en un itinéraire touristique de premier plan, capable d’attirer voyageurs et amateurs de grands espaces.
L’idée consiste à mettre en lumière ce que l’axe traverse : une biodiversité riche, des infrastructures existantes et un patrimoine parfois méconnu. La course devient alors un prétexte pour raconter le pays autrement, kilomètre après kilomètre.
Ce pari touristique s’inscrit dans une logique de valorisation du territoire. En braquant les projecteurs sur des localités souvent absentes des circuits classiques, l’événement espère susciter un intérêt durable, bien au-delà de la seule semaine de course.
Un laboratoire pour l’avenir
L’enjeu de cette édition dépasse le résultat chronométrique. Il s’agit d’abord de vérifier qu’un tel format est viable, tant sur le plan logistique que sur celui de la sécurité des coureurs engagés sur la RN1.
Les enseignements tirés de « Année zéro » serviront de base pour bâtir les prochaines éditions. Ravitaillement, repos, gestion des étapes : chaque détail observé cette année pourra être ajusté avant d’ouvrir l’aventure à un public plus large.
En choisissant d’expérimenter avant de promettre, l’Association multisport lion d’or adopte une approche mesurée. Une manière de poser des fondations solides pour un rendez-vous qui, s’il tient ses promesses, pourrait durablement marquer le calendrier sportif national.
Rendez-vous est donc pris pour le 12 juillet. Ce jour-là, cinq marcheurs-coureurs quitteront la mairie de Brazzaville, portés par l’espoir d’atteindre la mairie centrale de Pointe-Noire neuf jours plus tard, au terme d’un effort hors norme.
