Pendant un mois, le ballon orange change de fonction à Brazzaville. Au gymnase Maxime-Matsima, dans le premier arrondissement de Makélékélé, soixante-dix enfants transforment le terrain en salle de classe grandeur nature.
L’initiative porte un nom : Ewawa Kids. Portée par Ewawa Plus, elle se déroule du 6 juillet au 5 août et associe apprentissage sportif, discipline et transmission de valeurs civiques aux plus jeunes.
Un camp qui dépasse le simple stage de vacances
Le programme vise les enfants de 7 à 15 ans. Chaque matinée, de 9 heures à midi, les participants découvrent les fondamentaux du basket-ball avant d’enchaîner sur des ateliers dédiés.
Ces ateliers, à la fois éducatifs, culturels et citoyens, cherchent à bâtir la confiance en soi autant que la maîtrise technique. L’ambition affichée dépasse largement le cadre habituel d’une occupation estivale.
L’encadrement technique revient à Blaise Baleketa, expert de la Fédération internationale de basketball. Sa présence garantit une progression structurée, pensée pour s’adapter à chaque tranche d’âge des jeunes inscrits.
Une composition qui traduit une volonté d’inclusion
Cette première édition se distingue surtout par le profil de ses participants. La moitié d’entre eux vient de structures d’accueil pour enfants orphelins, et 40 % des inscrits sont des filles.
Cette répartition n’a rien d’anodin. Elle traduit la volonté d’Ewawa Plus de rendre le sport accessible à tous, sans distinction d’origine sociale ni de genre, dès l’entrée dans le programme.
Derrière ce choix se lit une conviction : le terrain de basket peut devenir un espace d’égalité. En réunissant des profils si différents, le camp entend gommer, le temps d’un été, certaines frontières sociales.
Un soutien institutionnel et associatif affirmé
L’initiative bénéficie de plusieurs cautions de poids. Mariame Kangoud, présidente de l’Archer Fondation, figure parmi les soutiens venus accompagner ce premier rendez-vous d’Ewawa Kids.
À ses côtés, Eliphal Balloula-Touadi, secrétaire général de la Fondation africaine pour l’éducation, et Dimi Yoka, vice-président de la Fédération congolaise de basketball, ont également apporté leur appui au projet.
Pour Eliphal Balloula-Touadi, le sens du camp dépasse la simple pratique : « Ewawa Kids représente plus qu’une activité sportive, c’est un cadre qui permet aux enfants d’apprendre, de se construire et de croire en leur potentiel. »
Un tremplin vers le tournoi international vétéran
Ewawa Kids ne s’improvise pas. Le camp s’inscrit dans la continuité de la quatrième édition du Tournoi international de basketball vétéran Ewawa Plus, prévue du 5 au 9 août à Brazzaville.
Autrement dit, le stage éducatif précède et prépare l’événement adulte qui lui a donné naissance. Les enfants goûtent ainsi, en amont, à l’ambiance d’une compétition d’envergure attendue dans la capitale.
La clôture est programmée le 9 août, toujours au gymnase Maxime-Matsima. Elle prendra la forme d’un match d’exhibition, ponctué d’une chorégraphie collective et de la remise des diplômes de participation.
Le sport comme école de vie
En misant sur le basket-ball, Ewawa Plus fait le pari d’un apprentissage qui déborde le terrain. La discipline sportive sert ici de support à une éducation plus large, tournée vers la citoyenneté et l’estime de soi.
Reste que l’intérêt du camp tient aussi à sa durée. Un mois d’encadrement quotidien offre aux jeunes de Makélékélé un rythme régulier, rare pendant les vacances, et un repère collectif structurant.
À Brazzaville, cette première édition pose un jalon. Si le modèle séduit, il pourrait inspirer d’autres quartiers, où le sport reste un levier accessible pour rassembler enfants, familles et associations autour d’un même projet (Les Dépêches de Brazzaville).
