Le football congolais avance à pas mesurés vers un rendez-vous décisif. La Fédération congolaise de football (FECOFOOT) vient de franchir une étape déterminante en installant les organes chargés d’encadrer le renouvellement de son Comité exécutif. Ce scrutin est fixé au 20 septembre 2026, à Brazzaville.
L’annonce marque le véritable coup d’envoi d’un processus attendu par l’ensemble des acteurs du ballon rond national. Elle intervient dans un climat où la gouvernance de la discipline suscite autant d’espoirs que d’interrogations.
Une assemblée extraordinaire pour ouvrir la voie
C’est au cours d’une assemblée générale extraordinaire, tenue le 30 juillet 2026 dans la capitale, que la FECOFOOT a dévoilé les membres des commissions électorale et de recours. Ces deux structures forment l’ossature juridique du vote à venir.
Le choix d’une assemblée extraordinaire souligne le caractère exceptionnel du moment. Ce format permet à la fédération de traiter en priorité une question institutionnelle jugée urgente, sans attendre les rendez-vous statutaires ordinaires.
La démarche s’inscrit dans une feuille de route validée par la FIFA. L’instance mondiale a dépêché un représentant, Franciny Samba, chargé de superviser le déroulement et de veiller à sa conformité avec les exigences statutaires en vigueur.
La commission électorale, pièce maîtresse du dispositif
À la tête de la commission électorale, Me Modeste Moussa Ewangoyi a été confirmé dans ses fonctions de président. Il sera secondé par André Adou, désigné vice-président. Ce binôme portera la responsabilité d’organiser et de valider chaque phase du vote.
La commission ne se limite pas à ce tandem. Elle réunit également Me Luta Jeanic Potard Mohoussa, Amour Itoua Okemba et Evariste Ambi Gaena. Adam Ondzé et Hilaire Nkoungou complètent l’équipe comme suppléants.
Cette composition élargie vise à garantir un fonctionnement continu. En cas d’empêchement d’un titulaire, les suppléants peuvent prendre le relais, sans interrompre la marche vers l’échéance de septembre.
Une commission de recours pour trancher les litiges
À côté de l’organe électoral, une commission de recours a vu le jour. Sa mission est claire : examiner et trancher les éventuelles contestations qui pourraient surgir. Me Rufin Gassié en assure la présidence, épaulé par Leva Okoumou.
Cette instance rassemble aussi Me Judes Bockondas et Me Euridyce Djonga. Bertin Nianga et Me Berthaulde Bockondas y siègent en qualité de suppléants. Sa présence traduit la volonté d’offrir un cadre formel au règlement des différends.
Dans un scrutin sensible, l’existence d’un tel recours n’a rien d’anodin. Elle offre aux parties une voie d’appel encadrée, censée limiter les tensions et prévenir les blocages de dernière minute.
Un second rendez-vous programmé en septembre
Premier vice-président assurant l’intérim, Henri Endzanga a détaillé la suite du calendrier. Selon ses mots, « une seconde assemblée générale extraordinaire sera organisée en septembre 2026, afin de procéder à l’élection d’un nouveau président et de son bureau exécutif ».
Le responsable a replacé cette échéance dans une ambition plus vaste. Le processus vise, a-t-il expliqué, à « restaurer pleinement la légalité institutionnelle » et à « renforcer la bonne gouvernance » du football congolais.
La double étape, installation des commissions puis élection, traduit une volonté de méthode. Chaque phase est censée sécuriser la suivante, afin d’aboutir à un résultat difficilement contestable le jour venu.
Des tensions déjà perceptibles en coulisses
Le chemin ne s’annonce pourtant pas exempt d’obstacles. Des contestations émergent déjà dans certains milieux. Des rapports font état de pressions exercées en coulisses contre certains membres de la commission électorale.
Ces frictions rappellent que l’enjeu dépasse la formalité administrative. La composition des organes de contrôle cristallise les attentes d’acteurs aux intérêts parfois opposés, à quelques semaines d’un vote scruté de près.
Reste à savoir si ces contestations resteront marginales ou pèseront davantage sur la suite du processus. Le climat, en tout cas, appelle à la vigilance des différents protagonistes.
Un scrutin placé sous observation
La présence d’un émissaire de la FIFA confère au rendez-vous une portée singulière. Elle place le processus sous un regard extérieur et engage la fédération à respecter scrupuleusement les procédures arrêtées.
Pour la fédération, cette supervision est aussi un gage. Elle rappelle que le scrutin ne se déroule pas en vase clos et qu’il devra convaincre bien au-delà des frontières nationales.
D’ici au 20 septembre, la FECOFOOT devra conjuguer rigueur et sérénité. De la crédibilité de cette élection dépendra, pour une large part, la relance d’un football congolais en quête de stabilité et de gouvernance renouvelée.
