À peine installé à la tête de la diplomatie congolaise, Constant Serge Bounda a ouvert son mandat par une série d’audiences. Le ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger a reçu quatre ambassadeurs en deux jours, à Brazzaville.
Ce démarrage rapide donne le ton. Il signale la volonté du nouveau responsable d’imprimer immédiatement un rythme à l’action extérieure du pays, sans laisser s’installer la moindre vacance dans le suivi des dossiers diplomatiques.
Une prise de fonctions sous le signe des lettres de créance
Le rituel choisi par Constant Serge Bounda n’a rien d’anodin. Recevoir les copies figurées des lettres de créance constitue une étape protocolaire majeure. Elle marque le début officiel d’un ambassadeur près de la République du Congo.
Le ministre a accompli cet exercice dès le 6 mai à Brazzaville. Il l’a fait juste après le premier Conseil des ministres de la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Anatole Collinet Makosso.
Ce calendrier serré illustre la continuité recherchée entre l’installation du gouvernement et l’activité diplomatique. La réception des représentants étrangers s’est enchaînée presque sans transition avec les premières réunions officielles de l’exécutif.
Le Maroc et le Vatican ouvrent le bal
Première à se présenter, l’ambassadrice désignée du Royaume du Maroc, Najoua El Berrak, a remis les copies figurées de ses lettres de créance. Diplomate expérimentée, elle a été formée à l’université Mohamed V de Rabat.
Son parcours s’étend sur plusieurs fonctions au sein du ministère marocain des Affaires étrangères. Elle a notamment servi à Rennes, en France, comme consul général, avant cette affectation à Brazzaville.
Les échanges entre le ministre et la diplomate marocaine ont porté sur la redynamisation des relations bilatérales. Rabat et Brazzaville entendent réactiver une coopération que les deux capitales souhaitent inscrire dans la durée.
Le Nonce apostolique du Saint-Siège, Mgr Relwendé Kisito Ouedraogo, a suivi. Ce prêtre burkinabè a été nommé représentant du pape au Congo et au Gabon le 28 janvier dernier, signe de l’attention portée par le Vatican à la région.
Béatification et visite papale au cœur des discussions
L’audience avec le représentant du Saint-Siège a permis d’aborder des sujets sensibles pour les catholiques congolais. Les deux hommes ont exprimé l’intention commune de renforcer les liens entre le Vatican et la République du Congo.
Parmi les dossiers évoqués figure la béatification du cardinal Émile Biayenda. Ce processus reste suivi avec attention dans le pays, où la mémoire de l’ancien archevêque de Brazzaville conserve une portée symbolique forte.
La question d’une visite du pape au Congo a également été soulevée. Sans calendrier annoncé, ce sujet traduit une espérance ancienne de la communauté catholique locale, qu’un tel déplacement viendrait concrétiser.
L’Algérie et l’Angola complètent le tour d’horizon
Le 7 mai, le ministre a poursuivi ses audiences. Il a reçu l’ambassadeur de l’Algérie, Azeddine Riache, dans le cadre d’une prise de contact destinée à établir un premier dialogue entre les deux représentants.
La journée s’est achevée avec Vicente Muanda, ambassadeur de l’Angola. En sa qualité de doyen du corps diplomatique, ce dernier occupe une position particulière auprès des autorités congolaises.
Cet entretien a offert l’occasion d’un tour d’horizon plus large. Il a permis de faire le point sur l’état des relations entre la communauté diplomatique accréditée à Brazzaville et les nouvelles autorités du pays.
Les premiers signaux d’une diplomatie active
À travers ces audiences rapprochées, Constant Serge Bounda a voulu envoyer des signaux clairs. Le nouveau ministre affiche une diplomatie attentive aux partenariats et soucieuse de la présence congolaise sur la scène internationale.
Le choix d’enchaîner Maroc, Vatican, Algérie et Angola dessine une géographie variée. Il associe des partenaires du Maghreb, une puissance morale mondiale et un voisin d’Afrique centrale, dans un même mouvement d’ouverture.
Cette séquence inaugurale s’inscrit dans un contexte politique particulier. Elle accompagne le dernier mandat du président Denis Sassou Nguesso, au cours duquel la diplomatie demeure un instrument central de l’action publique.
Reste à observer si ce rythme initial se confirmera dans la durée. Les premières audiences posent un cadre, mais l’épreuve viendra du suivi concret des dossiers ouverts avec chacun de ces partenaires diplomatiques.
Pour l’heure, le message envoyé depuis Brazzaville est celui d’une continuité assumée. Le nouveau ministre des Affaires étrangères entend ancrer sans délai une action extérieure tournée vers le renforcement des relations du Congo avec ses partenaires (Adiac Congo).
