Brazzaville et Kinshasa, séparées par le seul fleuve Congo, viennent de franchir une étape décisive. Les deux capitales, parmi les plus rapprochées au monde, se projettent désormais vers une liaison physique permanente entre leurs rives.
Un protocole signé à Kinshasa entre les deux Congo
Les ministres des Finances de la République démocratique du Congo et de la République du Congo ont paraphé, jeudi 7 mai à Kinshasa, un protocole d’accord. Le texte porte sur la faisabilité et le cadre opérationnel du futur pont route-rail de Maluku.
La signature a réuni Doudou Fwamba, pour la RDC, et son homologue de Brazzaville, Christian Yoka. La cérémonie s’est tenue sous la présidence du vice-Premier ministre en charge des Transports de la RDC, Jean-Pierre Bemba Gombo, entouré de plusieurs responsables techniques et administratifs.
Maluku, point d’ancrage d’un ouvrage attendu
Le futur pont sera bâti à Maluku, sur le fleuve Congo. Il reliera directement Kinshasa et Brazzaville, deux capitales que seul ce cours d’eau majestueux maintient à distance. L’ambition est ancienne, mais elle quitte enfin le registre des intentions.
L’ouvrage associera une voie routière et une liaison ferroviaire. Cette double infrastructure vise à fluidifier la circulation des personnes comme celle des marchandises entre les deux rives. Longtemps évoqué, le projet entre désormais dans une phase plus concrète.
Un cadre fiscal pour sécuriser les investissements
Le protocole ne se limite pas à une déclaration d’intention. Il fixe le régime fiscal et douanier applicable aux concessions, ainsi qu’aux entreprises sous-traitantes appelées à intervenir sur le chantier. Un point souvent décisif pour l’aboutissement de tels programmes.
Selon les autorités des deux pays, ce cadre juridique et financier poursuit plusieurs objectifs. Il s’agit de sécuriser les investissements, de faciliter les procédures administratives et d’accélérer le démarrage effectif des travaux. Autant de garanties recherchées par les bailleurs potentiels.
La gouvernance opérationnelle se précise également. Le directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) assurera la fonction de point focal du projet pour la RDC. Une désignation qui traduit l’importance stratégique reconnue à cette infrastructure.
Un levier pour l’économie de l’Afrique centrale
Au-delà de sa charge symbolique, le pont représente un véritable levier de développement pour la sous-région. Les responsables congolais misent sur ses retombées économiques pour transformer durablement les relations commerciales entre les deux États voisins.
Les autorités espèrent une intensification des échanges entre les deux Congo. Elles anticipent aussi une réduction sensible des coûts logistiques, aujourd’hui alourdis par la traversée fluviale, et un renforcement de l’intégration régionale au sein de l’Afrique centrale.
La portée du projet dépasse donc le simple lien entre deux villes. Il s’inscrit dans une logique de connectivité moderne, susceptible de redessiner les flux humains et marchands sur cet axe central du continent, longtemps freinés par l’absence d’ouvrage fixe.
Une avancée concrète après des années d’attente
Le passage entre les deux capitales reposait jusqu’ici sur des liaisons fluviales, souvent contraignantes pour les voyageurs et les opérateurs économiques. La perspective d’un franchissement routier et ferroviaire change la donne pour ces populations riveraines.
Le Pont Route-Rail Kinshasa-Brazzaville nourrit ainsi l’espoir d’un nouvel élan pour les infrastructures régionales. En sécurisant son cadre juridique, les deux Congo entendent éviter les blocages qui ont longtemps maintenu cette ambition au stade des annonces.
Reste désormais à transformer l’engagement en réalisation. La signature du 7 mai constitue une fondation institutionnelle solide. Les prochaines étapes, techniques et financières, diront à quel rythme ce trait d’union entre Brazzaville et Kinshasa prendra forme sur le fleuve Congo (Journal de Brazza).
