À quelques jours du scrutin présidentiel des 12 et 15 mars, la campagne entre dans le vif. Le 8 mars, à Brazzaville, Mabio Mavoungou-Zinga a livré aux Congolais le détail de son projet baptisé « Cap pour demain ».
Président du parti Alliance, le candidat a tenu à clarifier d’emblée sa démarche. Il dit ne pas se présenter par ambition personnelle, mais par devoir envers la nation et, surtout, envers une jeunesse qu’il place au centre de son discours.
Un programme bâti autour de sept piliers
Devant ses partisans, Mabio Mavoungou-Zinga a posé un constat simple. Selon lui, le citoyen congolais ne se contente plus de promesses et réclame désormais des projets concrets, mesurables et inscrits dans le temps.
C’est sur cette exigence qu’il a construit « Cap pour demain ». L’architecture du programme repose sur sept piliers de transformation nationale, censés répondre aux préoccupations quotidiennes des habitants de Brazzaville, de Pointe-Noire et des départements.
Gouvernance, justice et lutte contre la corruption
Le premier axe touche à la manière de gouverner. Le candidat met en avant l’indépendance de la justice et annonce la création d’une haute autorité anti-corruption, présentée comme un instrument de rupture avec les pratiques anciennes.
Dans la même logique, Mabio Mavoungou-Zinga affirme vouloir « rompre avec les pratiques du passé ». Il défend la promotion du mérite au sein de la fonction publique, là où, dit-il, les compétences doivent primer sur les réseaux.
Cap sur l’emploi et une économie « libérée »
L’emploi des jeunes occupe une place de choix. Le candidat propose la création de 200 000 emplois, en s’appuyant sur le tissu des petites et moyennes entreprises, souvent décrites comme les premières pourvoyeuses d’activité dans le pays.
Pour soutenir cet effort, il avance la mise en place d’un fonds de garantie doté de 100 milliards de francs CFA. Sa conviction tient en une formule : il faut une économie libérée plutôt qu’étouffée par l’intervention de l’État.
L’agriculture comme levier de souveraineté
Le troisième pilier concerne l’alimentation. Mabio Mavoungou-Zinga vise l’autosuffisance et entend pour cela financer 200 000 exploitants agricoles, afin de réduire la dépendance du pays aux importations et de sécuriser les ressources nationales.
Énergie et transports : Sounda, le CFCO et le ciel
Le volet infrastructures est tout aussi ambitieux. Pour en finir avec les délestages qui pénalisent ménages et entreprises, le candidat mise sur la construction du barrage hydroélectrique de Sounda, présenté comme une réponse durable au déficit énergétique.
À cela s’ajoute la réhabilitation du Chemin de fer Congo-Océan, axe stratégique reliant l’intérieur au littoral. Le programme prévoit également la création d’une compagnie aérienne nationale, pour renforcer le désenclavement et la mobilité.
Éducation : recruter et bâtir
L’école n’est pas oubliée. Mabio Mavoungou-Zinga propose le recrutement de 30 000 enseignants, accompagné de la construction de salles de classe. Une mesure qui répond à la pression démographique sur un système scolaire souvent saturé.
L’enseignement supérieur est lui aussi visé. Le candidat évoque l’édification de cités universitaires modernes, censées améliorer les conditions d’étude et d’hébergement d’une population étudiante en croissance constante.
Santé et protection des plus fragiles
Le dernier pilier porte sur la protection sociale. Le programme prévoit la mise en place d’une assurance maladie universelle, présentée comme un filet de sécurité pour les ménages les plus exposés aux dépenses de santé.
Pour rendre cette ambition crédible, le candidat annonce le recrutement de 15 000 professionnels de santé. L’objectif affiché est de renforcer une offre de soins jugée insuffisante face aux besoins des populations vulnérables.
Une offre programmatique à l’épreuve des urnes
Au fil de son intervention, Mabio Mavoungou-Zinga a cherché à présenter un projet structuré, où chaque mesure répond à un manque identifié. Gouvernance, emploi, agriculture, énergie, transports, éducation et santé forment un ensemble qu’il veut cohérent.
Reste désormais l’épreuve du suffrage. Le 12 puis le 15 mars, les électeurs congolais trancheront entre les différentes propositions soumises à leur jugement. « Cap pour demain » entrera alors dans la phase décisive de sa confrontation au réel.
D’ici là, le candidat du parti Alliance entend continuer de défendre une lecture exigeante de la campagne, fondée sur des engagements chiffrés. Il fait le pari que cette méthode, axée sur le concret, saura convaincre un électorat en attente de résultats tangibles.
