Au Congo-Brazzaville, l’Observatoire congolais pour la paix en période électorale (Ocopel) a refermé le chapitre de la présidentielle des 12 et 15 mars 2026. Réuni le 24 avril à la Maison de la société civile de Brazzaville, l’organisme a livré ses observations au terme d’une longue campagne de terrain.
Une campagne de sensibilisation menée dans plusieurs départements
Le Réseau des leaders et des associations des universitaires du Congo (Relauc) a clôturé la deuxième édition de cette opération citoyenne. Lancée le 26 février, elle s’est déployée bien au-delà de Brazzaville, touchant plusieurs départements du pays.
Placée sous l’égide du Conseil consultatif de la société civile et des organisations non gouvernementales, l’initiative portait un mot d’ordre limpide : « Paix, civisme, sécurité et développement avant, pendant et après l’élection présidentielle ». Tout un programme.
L’objectif affiché tenait en deux volets complémentaires. Il s’agissait de promouvoir le civisme auprès des électeurs, mais aussi de désamorcer en amont tout risque de violence au moment du vote et de la proclamation.
Le bilan d’un scrutin sous tension verbale maîtrisée
Le constat des observateurs se veut globalement rassurant. Ils décrivent « une atmosphère de paix à toutes les étapes du processus, malgré quelques propos provocateurs tenus par certains candidats ». La nuance mérite d’être relevée.
Car derrière le satisfecit, le rapport ne masque pas les frictions. Des déclarations jugées provocatrices ont émaillé la campagne. Mais elles n’ont pas suffi, selon l’Ocopel, à faire basculer le climat général vers l’affrontement ouvert.
Le moment le plus sensible restait la sortie des chiffres. Là encore, l’observatoire estime que « la paix a été maintenue lors de la publication des résultats provisoires puis définitifs par la Cour constitutionnelle ». Une séquence souvent redoutée sous ces latitudes.
C’est cette même Cour constitutionnelle qui a entériné le verdict des urnes, consacrant la réélection du président Denis Sassou N’Guesso. Le rapport situe l’absence de débordements précisément autour de cette étape décisive.
Des associations appelées à changer de posture
Frédéric Menga, président du Relauc, n’a pas voulu en rester au seul bilan électoral. Il a saisi l’occasion pour interpeller le tissu associatif congolais sur sa raison d’être, au-delà des seules échéances politiques.
Sa proposition est nette : transformer le rôle des associations pour qu’elles deviennent « des acteurs de développement au côté du gouvernement ». Une invitation à sortir du simple plaidoyer pour entrer dans le concret.
Plusieurs secteurs sont cités comme terrains d’action prioritaires. L’agriculture, l’éducation, le sport et le transport figurent parmi les domaines où ces structures pourraient peser, en complément de l’action publique.
Le regard déjà tourné vers 2027
L’Ocopel ne referme pas tout à fait le dossier électoral. L’organisation recommande dès maintenant de mobiliser les citoyens en vue des élections législatives prévues en 2027. La logique de continuité prime ici sur le repos mérité.
Ce passage de témoin entre une présidentielle apaisée et un futur scrutin législatif dessine la feuille de route de la société civile. L’enjeu reste le même : ancrer durablement la culture du civisme et de la non-violence dans les habitudes électorales.
Reste à savoir si la dynamique observée en mars survivra à l’épreuve du temps. Pour l’heure, l’observatoire choisit de capitaliser sur un acquis : une élection présidentielle qui s’est déroulée sans heurts majeurs, malgré les tensions.