Un don stratégique pour la capitale économique
La mairie de Pointe-Noire dispose désormais d’un parc flambant neuf de chargeurs, niveleuses Komatsu et compacteurs Sakai. Offert le 12 décembre par le gouvernement japonais, le don a été remis par le chargé d’affaires Maekawa Hidenobu en présence du ministre Juste Désiré Mondelé.
L’objectif affiché est clair : renforcer l’assainissement urbain et la qualité du réseau routier, essentiels à l’activité portuaire de la ville océane. Ce matériel doit améliorer l’accès aux services sociaux de base et fluidifier la circulation sur les artères principales.
Une marque forte de la coopération nippo-congolaise
Cette remise officielle découle des notes d’échange signées le 17 novembre 2022 entre Brazzaville et Tokyo, pour un montant d’environ 180 millions de yens, soit plus de 800 millions de francs CFA consacrés exclusivement à la maintenance des voiries ponténégrines.
Devant les élus locaux, Maekawa Hidenobu a rappelé que « des routes bien entretenues réduisent les coûts de transport » et participent à la compétitivité de toute nation. Le diplomate a salué l’engagement du Congo dans la dynamique initiée par la TICAD.
Des machines taillées pour les défis côtiers
Le lot comprend des chargeurs capables de déplacer sable et latérite, des niveleuses pour corriger les ondulations, et des compacteurs destinés à prolonger la durée de vie des chaussées. Des atouts précieux dans une métropole soumise aux pluies tropicales et au trafic portuaire intense.
Selon le service technique municipal, chaque engin sera affecté à un tronçon prioritaire, notamment les accès au port autonome, la route de l’aéroport Agostinho-Neto et les voies menant aux quartiers périphériques. Les opérations de grattage et de reprofilage pourront être menées sans recourir à la location.
La mairie salue un partenariat fructueux
La présidente du Conseil départemental et municipal, Evelyne Tchitchelle, a exprimé « la profonde gratitude » des Ponténégrins. Elle assure que la nouvelle flotte « garantira l’efficience des travaux routiers et urbains » et contribuera à offrir aux usagers de meilleures conditions de mobilité.
La satisfaction municipale s’explique aussi par la rapidité d’exécution : moins d’un an sépare la signature des notes d’échange de la livraison effective. Cette célérité témoigne, selon l’hôtel de ville, de la confiance mutuelle et de la qualité des réseaux entretenus avec l’archipel.
Le rôle pilote du ministère de l’Assainissement urbain
Au retour d’une mission au Japon en juin, le ministre Mondelé avait finalisé les modalités techniques avec Komatsu et Sakai Industry, appuyées par la Japanese International Cooperation System. La visite a pavé la voie à ce transfert d’équipements considérés comme stratégiques.
Lors de la cérémonie, il a rappelé que l’assainissement embrasse « la qualité des voiries et le confort qu’elles procurent ». Pour lui, la métropole maritime, hub de transit sous-régional, réclame des corridors fiables vers le Cameroun, l’Angola et le Gabon pour soutenir le commerce.
Usage et maintenance : une responsabilité partagée
Le ministre a exhorté les conducteurs et les ateliers municipaux à entretenir rigoureusement chaque machine. « Ce matériel ne doit pas finir en objet de location, encore moins de sous-location », a-t-il insisté. L’enjeu est de prolonger la durée de vie d’équipements importés à grand frais.
Un programme de formation est prévu, assuré par des techniciens de Komatsu, pour familiariser les opérateurs locaux avec les procédés de maintenance préventive : vidanges régulières, surveillance des pièces d’usure et calibration des systèmes hydrauliques. La mairie compte ainsi réduire la dépendance aux services externes.
Des répercussions économiques attendues
Des pistes bien entretenues réduisent le temps de trajet et le coût du fret, deux facteurs clés pour un port spécialisé dans les flux pétroliers et le transit sous-régional. Les transporteurs saluent déjà l’initiative, espérant voir les délais douaniers diminuer grâce à un meilleur accès routier.
Les artisans du BTP local y voient, eux, une opportunité d’engagement direct : la municipalité pourra lancer des campagnes de reprofilage plus fréquentes sans attendre la disponibilité d’entreprises extérieures. Cette autonomie devrait créer des emplois temporaires et dynamiser la fourniture de gravier, bitume et carburant.
Un symbole de coopération Sud-Est
Pour Tokyo, le projet s’inscrit dans la vision de développement partagé portée par la Fondation pour le Développement Africain et la TICAD. Il s’agit de montrer l’efficacité des partenariats techniques ciblés qui combinent transfert de compétences, équipements robustes et appropriation locale.
Le représentant japonais a d’ailleurs évoqué la possibilité d’un second volet consacré à la gestion des déchets solides, enjeu complémentaire à l’entretien routier. Des discussions exploratoires pourraient débuter dès 2024, de source proche de l’ambassade, sous réserve de la maturité des projets municipaux.
Vers une ville plus résiliente
À Pointe-Noire, chaque saison pluvieuse rappelle la fragilité des chaussées et la nécessité d’un assainissement efficace. L’arrivée de ces engins ouvre une fenêtre pour renforcer la résilience urbaine, soutenir la croissance économique et améliorer, au quotidien, la qualité de vie des habitants.
Calendrier des premières interventions
Le service de la voirie prévoit de déployer dès janvier une équipe mobile dotée de la niveleuse principale sur l’avenue Marien-Ngouabi, particulièrement détériorée. Les premiers enrobés à chaud sont programmés pour février, suivant un planning coordonné avec la préfecture de police pour gérer la circulation.
